Dans la chaleur de la nuit
Le mal est toujours puni
Les "Unités Kojiki", sortes d'armures intégrales de combat dotées d'une intelligence propre bien qu'instinctive, ont été découvertes alors qu'elles avaient été perdues par l'entreprise pharmaceutique qui les a créé, la Yomotsu Corporation. Cette dernière dépécha de nombreux agents dans l'espoir de les retrouver mais leurs nouveaux porteurs, se surnommant les "Tokusatsu", étaient devenus des justiciers masqués protégeant la ville de la menace Kaijin, des créatures monstrueuses aussi bien nées des malversations génétiques hasardeuses de la Yomotsu qu'à une singularité de la ville : l'énergie Fuzen.
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 Me cherche pas, tête de noeud.

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MessageSujet: Me cherche pas, tête de noeud.   Lun 6 Juil - 22:23

La série de sms l'avaient mis hors de lui : déjà contre lui-même. Quel con d'avoir oublié quelque chose d'aussi essentiel et confidentiel que son portefeuille. Ensuite contre ce foutu fouineur de prostitué. Non mais sérieux, ce coréen casse-noix avait intérêt à filer droit s'il ne voulait pas qu'il perde son sang froid.

Il savait qu'il bossait pour la Yomotsu, à présent. En soi était-ce tant un drame : il y avait du monde qui travaillait pour eux. Du simple cadre en passant par la femme de ménage et puis les porteurs d'unités kojiki. Lui ? Il n'avait pas d'existence légale au sein de la Yomotsu, pour une raison idiote : Yukishiro était mort dans un incendie en 2014. A ce titre il disposait de faux papiers, avec une identité bidon qu'il avait du mal à intégrer. Il était censé s'appeler Ken quelque chose, il ne s'en rappelait jamais.

Il était un kaijin et en cela, top secret, au même titre que beaucoup d'autres. Par conséquent l'idée même qu'on puisse essayer d'en savoir plus sur lui, sur ce qu'il pouvait faire lui dressait le poil.
Le visage fermé, la mâchoire crispée en un tic de colère, il s'accrochait à la barre du métro, regardant défiler les stations, avec cette sensation de faim qui se faisait plus présente.
A cette heure tardive, il y avait heureusement peu de monde dans la rame car l'odeur de fumée s'était accrue depuis l'échange de messages avec Jae-Yeol. Foutu travelo.

Finalement, descendant à sa station, il fila droit sur le Love Hôtel dont il était parti environ vingt minutes auparavant, où on le laissa entrer sans poser de questions - il avait payé la chambre pour trois heures et avait encore du temps avant de devoir rallonger la monnaie.
S'il avait été apaisé quelques instants par le sexe brutal et sommaire avec Jae, c'était oublié à présent. Il sentait sa peau chauffer anormalement, sa faim lui tirailler les entrailles. Il devait se contrôler mais si le petit jouait avec ses nerfs...
Ouvrant la porte de la chambre à la volée, l’œil noir, Yukishiro pénétra dans la pièce et claqua la porte derrière lui.

"Quand je dis : touche pas, c'est touche pas. Merdeux." Gronda-t-il alors qu'il posait finalement les yeux sur le prostitué, dents serrées, le corps brûlant, presque douloureux à force de contenir sa colère, l'odeur de fumée plus forte que jamais. "Donne." Dit-il sobrement, tendant la main, espérant pouvoir filer rapidement : il n'était pas sûr de pouvoir se contenir à présent que ses émotions étaient si instables.

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MessageSujet: Re: Me cherche pas, tête de noeud.   Mer 8 Juil - 7:02


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II y avait quelques clients que Jae-yeol n'aimait pas avoir à fréquenter. Pas qu'on parlait des cadres au cheveu gras et à l'allure affaissée qui mentait surement à leur femme et enfants pour venir retrouver des types plus jeunes comme lui, ou toutes la faunes colorées de Kasumigaseki en mal d'exotisme, pensant qu'un coréen c'était très différent d'un japonais. Surement, bien sur. Un homme est un homme, dans le fond, c'est formé pareil. Encore que certains cherchent l’exotisme d'un Gaijin, mais lui était asiatique et ne comprenait pas vraiment tous ces cons-là. Il trouvait les japonais un peu froids et manquant d'humour, pour la plupart des hommes qu'il avait pu croiser depuis qu'il avait commencé à faire commerce occasionnel du seul bien qu'il était sûr d'avoir toujours : son corps. Question de pragmatisme.

Il y en avait un qu'il n'aimait pas du tout, et qui sentait toujours ne sorte de clope atroce en lui de lui tenir chaud comme une vraie fournaise : Fukuda Yukishiro, un mec dans le genre froid qui finissait son affaire en quelques minutes sans se soucier de lui; comme beaucoup, mais avec de l’antipathie en plus. Puis il ne parlait pas beaucoup et le coréen le trouvait chiant, tout simplement. Il venait de sortir de la chambre de Love Hotel louée pour trois heures où ils n'avaient passé que vingt minutes et Jae-yeol s'était senti soulagé : il pourrait se défaire de ce boulet et profiter un peu du confort de la chambre, pourquoi pas même prendre un repas. Il prit une douche rapide avant de s’envelopper dans un peignoir de bain et appeler la réception pour avoir un "putain de bon steak, pour le putain prix de la chambre bande de troufions". Il aurait tué pour une fondue shabu-shabu, mais ce n'était pas la saison; les japonais faisaient tout en fonction des saisons, c'était d'un chiant.

Le jeune homme était attablé à la table basse à côté du grand lit défait quand Yukishiro fit irruption dans la pièce, claquant la porte derrière lui. C'était marrant.

"Jolie entrée, tête de nœud", fit Jae-yeol en ruminant son steak d'un air bovin, l’œil neutre.

Le coréen ne se leva pas; il était assis jambes écarté comme un vrai petit yankee, le peignoir mal fagoté, le dos voûté et les épaules tombantes, désignant le portefeuille de son client de la pointe de son couteau avant de se recouper une tranche de viande.

"Bon voilà, maintenant casse-toi... à moins qu'tu veux remettre le couvert. Si c'est le cas tu connais l'prix, laisse moi finir ma bouffe avant, juste... j'te montre pas la porte, tu viens de la saluer."

Jae-yeol vivait dangereusement; il aimait narguer ce cul serré de Yukishiro parce qu'il le savait d'une nature impulsive. Un mec pareil, travaillant à la Yomotsu. C'était marrant, vraiment marrant. Le jeune homme déglutit bruyamment et avala presque cul sec le contenue de sa bouteille de soda.
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MessageSujet: Re: Me cherche pas, tête de noeud.   Lun 13 Juil - 19:38

Yukishiro sentit l'odeur de viande avant toute autre chose, posant les yeux sur ce fichu coréen, et surtout, sur la viande saignante. Les propos du prostitué ne l'atteignaient qu'à peine. Son attention était à cette seconde toute entière accaparée par le steack. Il sentait une colère sourde sur le point d'éclater, lui remuant les entrailles en un bruit de gargouillis, très étrange, trop profond et presque... sinistre. Ses yeux noirs, un instants, avaient pris une teinte rougeâtre alors qu'il se passait la langue sur les lèvres.
Il aurait dû être rentré à la Yomotsu, il aurait dû être déjà en train de se nourrir. Baiser lui donnait toujours faim. Une faim terrifiante et sanglante. Il se retenait sans cesse de mordre ses partenaires, pour ne pas perdre pied. Pour ne pas se changer en Ho-Masubi, celui qu'il considérait comme sa vraie forme.

Secouant la tête, Yukishiro se mordit l'intérieur de la joue, le goût de son propre sang n'arrangeant malheureusement pas son envie soudaine et puissante. Manger. Mordre et déchiqueter. Il se passa la main devant les yeux, tentant de chasser l'instinct, le refoulant en lui. "Me. Cherche. Pas." Grogna-t-il, alors que l'odeur de fumée était devenue plus intense. Il fit un pas. Puis un autre. Se forçant à ignorer la viande. Se penchant pour prendre le portefeuille sur le lit. "J'en ai assez de ton p'tit cul osseux." Gronda le loup blanc, se forçant à inspirer profondément - malheureusement son odorat très développé lui rappela la viande toute proche. Il voulait partir. Rentrer à la Yomotsu. Ne pas faire de vagues. Ne pas céder à l'instinct qui lui commandait de se jeter sur Jae pour enfoncer son museau dans ses viscères encore chaudes.

De nouveau, son estomac eut ce bruit terrible, presque bestial, organique. De nouveau, il loucha sur la viande. De nouveau, il se pourlécha les babines mais il recula, jusqu'à sentir son dos heurter la porte. Ne pas céder. Sa main tâtonna sur la poignée alors que ses yeux étaient d'un rouge intense, cherchant à fuir cette pièce pour le bien de ce tas de chair et d'os qu'on appelait un humain.
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MessageSujet: Re: Me cherche pas, tête de noeud.   Mar 14 Juil - 17:30


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Yukishiro avait à ce point l'air obsédé par sa pièce de viande que cela coupa presque l'appétit de Jae-yeol, qui s'était pourtant offert se repas avec l'argent qu'il venait de gagner, n'ayant plus un rond en poche. Lui-même connaissait la sensation de faim, extrême mais le regard de ce type-là était différent; le coréen l'avait toujours trouvé louche, assez effrayant mais le voir ce soir le fixer avec insistance lui laissait une étrange peur coincée au fond de la gorge, même s'il était du genre tête brûlée. Il y a des types avec lesquels on peu plaisanter... un peu. Yuki faisait parti de ces types-là. Le gargouillis profond qui_ venait du ventre de son client ne lui augura rien de bon tant il lui sembla sinistre, inhumain. Il y avait dans cette ville des monstres et le jeune homme le savait; ces monstres avaient parfois visage humain.

D'un geste rapide, il poussa l'assiette à peine touchée vers Yukishiro, sans rien dire. Lui-même mourrait de faim mais il préférait se priver plutôt que d'avoir ce type au regard malsain sur le dos, aussi lui laissa-t-il son repas sans insister ou se plaindre. L'argent de la passe était passé dans ce plat et cette chambre pour cette nuit comme il n'avait nul par où dormir cette semaine... quand Yukishiro le menaça, le yankee se contenta de secouer vivement de la tête avec un bruit de langue, signe qu'il n'était pas intimidé par ses dires; il avait l'habitude de l'agressivité" de ce client tordu.

"S'il ne t'intéresse plus,  ne reviens plus me voir alors, c'est simple", il haussa les épaules, "les mecs sont comme ça, ils se plaignent puis ils reviennent. Je suis un mec, je sais ce que j'dis."

Jae-yeol désigna son assiette du menton, l'air vaguement dégoûté de devoir se priver de son repas alors que lui-même mourrait de faim. "mange", fit-il sans rien ajouter, le regard fatigué posé sur la sauce qu'il aurait tant voulu savourer encore un peu... il se frotta le ventre découvert par l'ouverture de son peignoir, l'air dépité.

"Moi non plus j'ai rien bouffé depuis longtemps... alors je comprend."

Il dit cela sans pitié ni rien, ne voulant pas être plus agressé encore par Yukishiro dont l'attitude venait de lui couper l'envie de l'ennuyer. Qu'il mange et qu'il parte; lui-même était parfois à la rue, le ventre vide et malgré ses nombreux défauts, voir quelqu'un crever la dalle faisait écho en lui.
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MessageSujet: Re: Me cherche pas, tête de noeud.   Mar 14 Juil - 21:22

La faim. Ce n'était pas le simple désir de manger, si humain. c'était une faim très différente. Une faim de chasse, de crocs rougis de sang et d'étendre sous lui ce corps d'une toute autre manière qu'à l'accoutumée. Sous une forme beaucoup plus bestiale.
Le kaijin tourna la poignée de la porte à l'instant où le sale gosse lui disait de... manger ?
Un instant, Yukishiro le regarda droit dans les yeux, de son regard devenu terriblement rouge alors qu'il luttait contre son instinct qui lui commandait de se transformer. Mais cette fois, il y avait dans ce regard étrange quelque chose de troublé, alors qu'il penchait la tête sur côté en une moue incrédule.
Il avala bruyamment sa salive, pas assez empathique pour se soucier des dires du gamin affamé. Son ventre fit de nouveau ce bruit effrayant et il céda après quelques secondes, incapable de se retenir plus longtemps. Un simple steak ne serait qu'une bouchée, mais cela apaiserait son envie de viande. Il en avait besoin, plus qu'envie.

Incapable de se retenir plus longtemps, mis à mal par ses pulsions animales, il prit sa vraie forme l'espace d'une fraction de seconde et, quelques instants plus tard, une créature semblable à un grand loup rouge et blanc à autre yeux et à la gueule démesurée lapait frénétiquement l'assiette pour en essuyer la moindre trace de sauce en un grondement de bête fauve.
La queue du Ho-Masubi fouettait ses flancs et ses griffes laissèrent quelques sillons dans le bois de la table. Il avait englouti le steak en deux coups de dents tranchantes.
Haletante, la créature finit par se reculer de la table basse, sa longue langue passant sur ses babines salies de sauce et eut une sorte de gémissement canin. Les quatre yeux se posèrent sur Jae, pauvre putain maigrichonne. Il avait encore faim mais étrangement, le geste avait fait vibrer une corde sensible qui subsistait encore dans le monstre qu'il était devenu sept ans plus tôt.

Il le savait, à présent ce n'était plus question de revenir le baiser : personne ne voudrait avoir à faire avec un kaijin. Ca avait été plus fort que lui. L'implant qu'il avait en lui avait réussi à éviter un carnage mais pas d'empêcher sa transformation intempestive. Quelques secondes plus tard, dans un bruit d'os brisés et de chair dérangée, Yukishiro se tint devant Jae, ses yeux redevenus noirs n'exprimant rien de particulier alors qu'il les dardaient sur cet insupportable merdeux.
Voilà, maintenant il allait se chier dessus, et fuir comme tous les humains, à moins que la peur ne le tétanise. Le visage fermé, il récupéra son portefeuille, l'ouvrant pour en tirer tout l'argent qu'il contenait - une coquette somme en vérité, bien assez pour être confortable pour quelques jours.
D'un geste, il jeta les billets sur le lit, où ils s'éparpillèrent.

"Paye-toi ce que tu veux et oublie, pour ton bien. Adieu, p'tit."
Il posa ses doigts fins sur la poignée. Il n'aimait pas les humains : il ne pourrait plus jamais se rapprocher de l'un d'entre eux. La place d'un monstre est avec les monstres.
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MessageSujet: Re: Me cherche pas, tête de noeud.   Jeu 16 Juil - 11:00


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Quelque chose clochait, raidissant la nuque du coréen qui fixa un long moment Yukishiro dans les yeux. Des yeux rouges, inhumains qui malgré leur côté troublées sonnait en Jae-yeol l’instinct de conservation, l'envie de fuir à toutes jambes. C'était un dur à cuir certes, un type habitué aux coups de battes et de couteau mais face à l'horreur de l'inhumanité, il n'en menait pas plus large que les autres, tétanisé par la peur, tombant séant par terre lorsque son client se changea en immense créature canine dont la gueule démesurée avala le repas plus que le mangeant. Surement aurait-il pu facilement emporter sa tête d'un seul coup de crocs.... l'instant d'après, comme un mauvais rêve, l'humain était de retour devant lui, comme par magie.

"K-k.... ka.. kaijin...", balbutia difficilement Jae-yeol, terrifié.

Il tremblotait, assis par terre, ne prenant pas la mesure de tout ce qui se passait en cet instant et quand Yukishiro lui balança quelques billets sur le lit, il n'eut même pas la force de se tourner pour regarder, le fixant sans pouvoir le quitter du regard. Ce type... était un kaijin... un putain de kaijin... il pouvait le dévorer à tout instant... et il avait peur, incapable de bouger, empêtré dans son peignoir avec une mine terrible : il était secoué par l'horreur de la nature de Yukishiro et sonné de la découvrir. Paralysé et vulnérable, le coréen avait la sensation terrible de ne plus parvenir à redonner à son propre corps, sentant simplement sa vessie le lâcher sous le coup de la peur...
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MessageSujet: Re: Me cherche pas, tête de noeud.   Jeu 16 Juil - 11:27

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L'air s'était fait plus calme, moins chaud. Yurei en percevait les changements subtils, attendant son heure dans le couloir du love hotel où sa "proie" désignée avait filé; ce chien avait visiblement de mauvaises attitudes à rectifié et c'était la raison même de son existence. Les rares clients qu'elle croisa semblèrent se moquer de la présence d'une fille en uniforme scolaire dans les lieux; c'était malheureusement plutôt commun comme pratique, de ce qu'on lui avait dit. L'enkô, quelque chose comme ça? Des humains qui se font les proies d'autres humains. Pourquoi s'abaissaient-ils? La question ne l'intéressait pas, se contentant d'attendre de sentir à nouveau le calme dans la chambre, attendant patiemment devant la porte en regardant à droite à gauche. Quelle heure était-il? Depuis quand traquait-elle le Ho-Masubi sans que ce dernier, malgré son flair, ne ressente la présence de la Funayurei? La kaijin eut un vague sourire, scrutant le couloir désert; maintenant.

Les voix dans sa tête s'étaient tues, ne laissant qu'un silence bercé d'une musique en sourdine tandis qu'elle traversa rapidement le toit, simple forme vaguement lumineuse, languide. Murs et poutres n'étaient que du vent pour elle dont la tête apparu au travers du mur, derrière le coréen, comme une apparition aux grands yeux rouges et fixes. A nouveau, elle ne fut plus qu'une forme lumineuse dont la myriades de mains accrochèrent le corps maigre du jeune homme, la plupart se posant tout autour de sa tête comme pour lui faire une couronne; tout cela se passa très vite. Sa lueur était faible, à peine plus qu'un ver luisant dans la nuit, comme un faible kaijin, tout falot. Et pourtant les yeux de Jae-yeol roulèrent dans ses orbites, l'écume soudain aux lèvres d'avoir l'esprit fouillé, violé, réorganisé.

"... tu l'as échappé belle", dit la créature transparente à Yukishiro, d'un timbre neutre, ni mâle ni femelle.

Le corps inconscient du jeune coréen tomba au sol, les yeux grands ouverts; il vivait pourtant mais semblait comme en transe. Le kaijin passa lentement le mur et se corps se mua en celui d'une jeune fille pâle aux grands yeux rouges inexpressifs, portant l'uniforme du lycée Tottori.

"Rentrons. Si tu as des questions, ce sera plus tard."

Il devrait bien comprendre que ce ne serait ni l'endroit ni le moment pour bavasser ou poser des questions; plus tard, dans la rue, quand ils seraient à couvert... pour l'instant il fallait partir, tout simplement.
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MessageSujet: Re: Me cherche pas, tête de noeud.   Jeu 16 Juil - 21:48

C'était toujours comme ça. Bien sûr. Evidemment. Il s'attendait à des embrassades ? Tsssk. Pathétiques relents de sentiments humains. Il ne devrait pas penser comme ça. Il devrait se moquer, rire à gorge déployée. Mais dans les yeux écarquillés de ce misérable avorton de coréen, il voit le reflet de ce qu'il est devenu. Le monstre. Tout ce qu'il reste de lui.
Il ferait mieux de le tuer.

Un instant, il hésite, alors que l'odeur acre de l'urine emplit ses sens, le désoriente un instant. Une seconde d'hésitation entre partir et lui ouvrir la gorge et dévorer ses entrailles. L'implant l'en empêche, mais plus encore, c'est la forme éthérée qui apparaît derrière Jae qui retient le kaijin. Il a un mouvement de recul instinctif, son échine se hérisse et un long frisson glacial lui parcourt la colonne vertébrale.
La chose, sans forme, faite de trop d'appendices, ne l'effraye pas tant que cela en vérité car elle semble si faible et si falote... Mais que l'on ne s'y trompe pas, il voit bien le prostitué tombé, absent, l'esprit remanié - ou quoi que ce soit qu'elle ai fait - par cette chose.
Une chose qui prend une forme humaine comme lui, mais qui ne trompe personne. Une gamine, une lycéenne à ses vêtements. Ca ressemble à l'uniforme du lycée public d'Okuse. Il n'en est pas sûr, cela fait longtemps... Il prend inspiration : elle sent une odeur à la fois répugnante et familière. Du désinfectant caractéristique. La Yomotsu ? Il ne l'a jamais vu si c'est le cas ? Un sauvage ? Non. Elle se serait déjà jetée sur lui.
Reniflant, relevant le menton avec un air de défi et de dédain, le loup blanc la fixe d'un air torve. "De quoi je me mêle ?"

Cependant, elle a raison : ni lui, ni elle ne peuvent rester là. Rentrons ça ne peut signifier qu'une chose : l'odeur ne ment pas. Ils sont tous deux à la Yomotsu. Mais elle, il ne la connait vraiment pas. Il se sent confus, peinant à trouver un souvenir précis.
Traînant des pieds, mains dans les poches, le Ho-Masubi ouvre finalement la porte de cette chambre. Pauvre gamin, dans le fond. Il préférerait ne pas y penser.

Elle le suit, cette drôle de fille. Sa simple présence le hérisse, comme un instinct profondément ancré. Ils sortent des lieux sans être inquiétés. C'est presque risible. Dérisoirement facile. Personne ne les retient. Ne les attaque. Non, ils sortent juste... Et c'est tout.
La nuit est claire, toute éclairée des néons de la métropole et il fait chaud. Mais lui ne ressent pas la chaleur. Il marque un temps d'arrêt. Un instant. Il déteste son odeur, sans même la connaître.
"Maintenant qu'on est dehors, tu veux bien foutre le camp et me laisser tranquille ?" Il grogne les mots plus qu'il ne parle, les mains dans les poches, amorçant un pas monocorde en direction du métro le plus proche. Ouais, il va rentrer au bercail : ils ont peur qu'il ne mange quelqu'un, pour lui envoyer un chaperon ?
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MessageSujet: Re: Me cherche pas, tête de noeud.   Ven 17 Juil - 11:40

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Le corps entre ses mains tomba sèchement en sol, comme vidé de sa substance et Yurei n'en fit pas plus de cas, prenant apparence humaine en face de celui qu'elle était venu chercher et qui déjà se comportait de manière rogue à son encontre. Pourtant la kaijin ne lui répondit pas, se contentant de le fixer en retour, de manière neutre, avant de le dépasser et de quitter la pièce. Elle s'arrêta pour attendre Yukishiro, le laissant prendre la tête et marchant simplement à sa suite sans rien dire. Au dehors du love hotel, l'air est chaud et lourd, comme une nuit d'été; elle déglutit, la gorge un peu sèche et continue de suivre l'autre kaijin, dépassant quelques néons qui éclaboussaient de couleurs les trottoirs du quartier. Il n'y a plus rien à faire ici, c'est sa seule certitude et elle continue à le suivre jusqu'à ce qu'à nouveau, il bougonne; on l'avait prévenu : ce type était une très forte tête.

Pourtant, Yurei ne réagit pas tout de suite et préféra fouiller dans la poche intérieure de son uniforme pour en tirer quelques yens et se pencher sur le premier distributeur public venu pour en tirer une boisson fraîche. La kaijin n'avait aucune idée des goûts des boissons en dehors de l'eau et se montra curieuse en cherchant l'ouverture de la boite remplie de liquide, se tournant vers Yukishiro. On lui avait expliqué certaines choses du quotidien urbain, en omettant d'autres, c'était bête.

"Comment ça s'ouvre?", lui demanda-elle en éludant sa propre question.

Yurei secoua un peu la canette et la tourna dans tous les sens sans perdre patience, même si elle avait très soif. Les grognements de Yukishiro semblent la laisser absolument de marbre et elle trouve finalement une petite languette qu'elle tire doucement, le liquide gazeux jaillissant hors de la canette pour se répandre un peu par terre, sur les chaussures de l'autre créature. La Funayurei ne ressentit pas le besoin de s'excuser, buvant diligemment pour étancher sa soif avant de lui répondre finalement, de manière très laconique:

"On rentre ensembles, ce sont les ordres."

Elle haussa vaguement les épaules, signe qu'elle se contentait de respecter les ordres et rien de plus, n'ajoutant rien à ses dires car elle avait à son humble avis déjà tout dit. Elle lui désigna cependant une bouteille de ramune dans le distributeur, l'air curieuse.

"Comment ça s'ouvre?"

Son ton était si plat et monotone...
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MessageSujet: Re: Me cherche pas, tête de noeud.   Ven 17 Juil - 18:01

Il la détestait, juste parce quelle était comme lui : une kaijin de la Yomotsu. Peut-être pire que lui, si ça se trouve : elle sentait tellement l'artificiel, le désinfectant... Il renifla avec dédain, faisant quelques pas de trop alors qu'elle s'arrêtait à un distributeur, se tournant un instant, plus par curiosité que par désir de l'attendre. Il l'aurait bien planté là mais resta quelques secondes de plus juste pour voir.
La question de l'autre kaijin resta sans réponse, Yukishiro ne lui donnant aucune information. L'air était poisseux, collant sa chemise à sa peau brûlante à l'odeur si désagréable. Finalement boire un peu n'était pas une si mauvaise idée, ne serais-ce que pour calmer cet arrière goût dans sa bouche, depuis qu'il avait vu le prostitué coréen se liquéfier devant lui. Alors il s'approcha lui aussi du distributeur avant de se souvenir qu'il avait donné tout son argent à Jae et qu'il n'avait pas de monnaie. Cela l'irrita considérablement et recevoir un peu de boisson gazeuse sur les chaussures ne l'aida guère à retrouver son sang-froid, fusillant l'adolescente du regard.

"Fais un peu attention. T'es demeurée ou quoi ?" Agressif, toujours. Il ne connaissait que l'attaque. Elle ne avait pas ouvrir une canette ? Elle débarquait de quelle planète ? Un instant, l'image d'Anju passa dans son esprit. Serait-elle une Artificielle comme la petite fille ? Son échine se hérissa derechef. L'idée qu'on puisse créer des kaijin le répugnait - peut-être un vieux réflexe de son ancienne foi depuis longtemps reniée. La simple présence de cette idiote près de lui l'énervait : au contraire d'Anju, son odeur ne lui revenait pas et elle s’immisçait dans ses affaires. Assez de raisons pour la détester d'office.
Les ordres ? Il poussa un soupir dépité. Ils lui collaient un chaperon en l'absence de Sado-Buta ?
"On s'en fout, de comment ça s'ouvre." Il grogna de nouveau sur elle, se détournant de cette fille, s'avançant vers le métro. Il avait soif, maintenant, mais enfin peut importe. Ce n'était pas le plus important.
"Alors quoi, ils me collent une merdeuse de plus ?" Fit-il tandis qu'ils attendaient le métro sur le quai presque désert à cette heure. "Ca suffisait pas que je supporte Sado ? Tu va me coller longtemps ?" Jamais un mot aimable. Ca marchait assez bien pour qu'on lui foute vite la paix, en général. Sado aussi se faisait dessus quand il était là. Tsssk. En armure ou pas les humains n'étaient que des pleurnicheuses. Comme ce petit con de prostitué.

Le métro arriva et il sauta dans la rame avec l'espoir secret que la merdeuse ne le suivrait pas.
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MessageSujet: Re: Me cherche pas, tête de noeud.   Sam 18 Juil - 13:01

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Yukishiro perdit son calme comme on le lui avait prédit; on lui avait dit qu'il était colérique et surtout prévisible. On lui avait dit de se méfier du fait d'être devant lui, de préférer le suivre plutôt que de prendre la tête. De ne pas compter sur lui. On lui avait dit plein de choses et elle avait tout enregistré et bien compris comme on le lui avait demandé. Yurei fixa un instant l'autre Kaijin, sa canette ouverte en main avec la bouche arrondie sur un début de phrase qui ne vint jamais. Il lui grogna à nouveau dessus et elle ne répondit pas, agissant un peu comme une autiste d'un point de vue extérieur. Portant l'ouverture à ses lèvres en suivant sa proie, la Funayurei fut étonnée de la nette présence de dioxyde de carbone dans la boisson, les bulles agaçant son palais. Elle sortit la langue hors de sa bouche comme pour tester si la sensation restait, surprise, se donnant un air un peu bête.

Le métro était désert à cette heure et Yukishiro attendait déjà sur le quai, impatient. Yurei le rejoint en quelque spas, sans se hâter; elle le retrouverait au pire, s'il lui faussait compagnie mais l'idée était de le coller pour l'agacer et surtout le tester. On apprend rien en écoutant les autres mais bien plus en testant par soi-même. Il faisait un peu moins chaud ici, mais la proximité du Ho-Masubi emplissait l'air ambiant d'une sensation de chaleur désagréable; pourtant, Yurei ne transpirait pas, ne semblait même pas incommodée par cela, ni par l'odeur de fumée.

"Sado-san? Nikuhime?", demanda la créature tout de go alors que Yukishiro semblait plutôt parler tout seul.

Elle termina sa canette en rongeant un peu la ferraille de la boite, pour la tester. Ca ne se mangeait pas. Elle avait une bouteille de ramune entre les doigts, prise à la hâte avec les quelques yens qui lui restait, ignorant complètement comment on pouvait bien ouvrir cela comme elle ne parvenait pas à lire le mode d'emploi et que Yukishiro ne semblait pas disposé à lui expliquer; fort bien. La jeune fille suivit le kaijin quand il sauta dans la rame, sentant bien qu'il cherchait à la semer. Dans le fond, cela l'amusait assez mais elle n'en montra rien, montant dans le véhicule et se faisant une place entre deux hommes qui semblaient sortir du travail, face au Ho-Masubi. Yurei était petite et menue, presque comme une collégienne, et ne pesait pas bien lourd face aux humains environnants.

"Monsieur, s'il vous plais", fit-elle à l'adresse d'un des deux hommes qui se pencha sur elle pour la voir lui tendre sa bouteille de ramune, "mon frère ne veut pas m'aider à ouvrir ça."

L'homme fixa Yukishiro qu’elle avait regardé avec un air de reproche. Elle le fixa, ajoutant lentement comme si elle apprenait à peine le sens de ces phrases:

"S'il vous plais."

Le type lui expliqua lentement - elle semblait un peu demeurée selon lui - comment ouvrir la bouteille en la perçant avec le bout de plastique pour faire tomber la bille et la Funayurei trouva cela distrayant, ignorant sciemment Yukishiro; les humains se compliquaient tellement la vie, juste pour boire quelque chose. Ils devaient vraiment s’ennuyer. Remerciant l'inconnu d'un simple hochement de tête, la kaijin se mit à boire son soda sans rien dire, surveillant Yukishiro du coin de l’œil.

"Quel âge tu as, petite?", demanda l'autre homme avec un sourire, détaillant son uniforme, "tu vas au lycée Tottori?"

"Quinze ans", répondit Yurei tout de go, hochant la tête au reste, "oui."

On lui avait appris à répondre aux questions posés le plus simplement du monde sans chercher plus loin, aussi ne réagit-elle pas quand le dit homme passa la main sous sa jupe pour lui toucher l'arrière-train, continuant à boire comme si de rien n'était. Elle ignorait ce que signifiait ce geste, prenant cela pour une tentative de sociabilisation de plus...
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MessageSujet: Re: Me cherche pas, tête de noeud.   Sam 18 Juil - 13:47

Yukishiro la vit grimper dans la rame à sa suite et retint un soupir en attrapant l'une des barres du métro, la snobant délibérément avant de l'entendre s'adresser à deux types. Il ne la regarda même pas, regardant l'obscurité défiler autours d'eux, ignorant complètement le regard de l'humain. Comme s'il en avait quelque chose à faire, de ce qu'ils pensaient. Et de cette fillette.

Il fixait la vitre obscure, voyant s'y refléter la kaijin et les autres passagers, quelques uns en dehors d'eux, observant sans en avoir l'air la petite se faire expliquer comment on ouvrait la bouteille. Se tenant avec nonchalance, il semblait parfaitement indifférent et ne rien voir. Jusqu'à ce qu'il remarque la main se glisser subrepticement sous la jupette de lycéenne pour la peloter. Putain de pervers.
L'instant d'après, en une fraction de seconde, il avait agrippé le poignet du coupable. Sa peau était brûlante, réellement, et le type sursauta alors que deux yeux rouges le fixaient avec une haine si vive qu'elle semblait émaner de lui comme une aura de flammes.
"Tu la touches, je te bouffe. Compris, connard ?" Il devait être sincèrement effrayant parce que le cadre hocha péniblement la tête, soudainement en sueur et pâle comme un linge, le poignet tordu douloureusement, mais plus encore sa peau rougie par la chaleur totalement hors de contrôle qui rougissait sa peau et y forma une cloque à l'endroit même où la main de Yukishiro le tenait. "J'ai rien entendu, trou de balle." Grogna le loup blanc, rapprochant leurs visages en découvrant ses dents - encore humaines heureusement. "O... Oui... d'accord !! d'accord !!" Pleurnicha le type, prêt à se liquéfier, comme Jae un peu plus tôt, son visage couvert de sueur et les genoux flageolants.

Le lâchant brutalement en le repoussant vers l'arrière - le type tomba sur les fesses - Yuki prit la main de la petiote - sa sœur, hein ? - et, voyant les portes s'ouvrir à un nouvel arrêt, sauta au hasard sur le quai avec elle. Est-ce que toute la ville allait le faire chier ce soir ? Vraiment énervé à présent, au point que de la fumée commençait réellement à se former sur sa peau, il marcha à grandes enjambées vers l'extérieur sans lâcher l'autre kaijin, et sans se soucier de lui faire mal tant sa peau était brûlante. Au détours d'un couloir désert du métro aux néons cérébraliques, il la plaqua contre un mur, ses bras de part et d'autre de son corps adolescent.
"Ca te plait, de te faire peloter par ces raclures, ou quoi ? Tu attendais de te prendre un doigt ? T'es quel genre de fille pour accepter qu'un pervers te touche, hein ?" Il était en colère, réellement, avec ses yeux d'un rouge rubis et sa peau fumante à l'odeur suffocante à présent et il semblait sur le point de se transformer de rage...

Pourtant, étrangement, ne l'avait-il pas protégé, d'une curieuse manière ?
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MessageSujet: Re: Me cherche pas, tête de noeud.   Sam 18 Juil - 14:50

THANATOS


Down on your bended knee.


Ils ne se répondaient pas vraiment, ne se parlaient pas véritablement non plus; c'était assez étrange mais aucune des deux n'en sembla gêné. Le manège des deux hommes laissa Yurei de marbre, incapable de comprendre les implications de leur geste et celles de son inaction. Elle se contenta de regarder de que faisait Yukishiro, sa manière d'intimider l'humain et de le menacer, y trouvant de précieuses informations. Le fait pour le fait ne l'intéressait pas vraiment, ne se sentant pas agressée par ces êtres qu'on disaient prédateurs mais pourquoi avoir peur? Que pourraient-ils bien lui faire? Rien. Mais déjà, son agression faite, l'autre kaijin la saisit par le poignet pour la faire descendre à la première station venue; au bout de son bras, Yurei sembla docile, ne se rebellant pas le moins du monde. Il avait l'air réellement énervé, sans qu'elle comprenne pourquoi.

La main sur sa peau était brûlante mais sa propre froideur annulait le pouvoir de Yukishiro, l'empêchant de la brûler. Elle était froide et moite, sans pouls apparent. Au détour d'un couloir désert éclaboussé de couleur, le Ho-Masubi la, plaqua contre le mur, la bloquant de son corps; elle accusa le choc par le dos, sans rien dire, fixant l'homme en l'écoutant sans que son visage ne se feigne de quoi que ce soit comme expression, même pas la curiosité. La Funayurei ne trouva rien à lui répondre, hochant vaguement les épaules; c'était des questions rhétoriques, qui n'attendaient finalement aucune réponse définie.

"Je ne suis pas une fille", répondit-elle simplement, "je suis un kaijin."

Elle était née il y avait quelques mois, et n'avait jamais été humaine; cela se voyait dans ses yeux de poupée qui ne clignaient jamais, dans cette cruelle innocence qu'elle avait et qui servait les desseins de ses créateurs. La Funayurei affronta le regard rubicond plein de colère de Yukishiro sans faiblir, sans ressentir quoi que ce soit.

"Tu as été humain, pas moi", elle hocha la tête, "c'est pour ça que ça te touche. Nous sommes les prédateurs, pas eux."

Soudain, Yurei bloqua le corps de Yukishiros ans même le toucher, comme si elle le, ligotait par l'esprit avant de poser ses mains sur ses tempes comme elle l'avait fait pour le prostitué auparavant. Elle fouilla en lui sans lui demander son avis, le regard fixe, pour chercher sa rage, comme si elle pétrissant ses pensées avec ses propres doigts, lui retirant soudain sa colère sans scrupules jusqu'à ne laisser qu'un grand vide.

"Ça ne sert à rien de s'énerver, à part à être découvert."

Yurei le lâcha finalement, sans rien dire de plus.


Dernière édition par Yurei EX-3 le Sam 18 Juil - 16:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Me cherche pas, tête de noeud.   Sam 18 Juil - 16:21

Au fond, il aurait mieux fait de ne pas se préoccuper d'elle. C'est vrai quoi, il ne lui devait rien. Alors pourquoi est-ce que la voir se faire toucher sans rien dire l'avait tant énervé ? Au fond, elle avait raison : il avait été un humain. pas le meilleur des hommes mais pas le Ho-Masubi qu'il était devenu sept ans plus tôt, au milieu de l'incendie qui lui avait prit celui qu'il avait tant aimé. Le seul. L'unique en vérité. L'absence d'Hiro, se dire qu'il ne le verrait plus jamais lui perçait parfois le cœur. Mais les monstres ne savent plus pleurer. Il n'était rien de plus qu'un loup muselé pour en faire un chien d'attaque, brimé et réprimé sans cesse, pétri de cette haine du monde, des kamis - ces entités fallacieuses que l'on invoquaient au nom de tout et n'importe quoi. Le monde lui avait prit Hiro. C'était tout ce qui restait : la haine et la rage. Le feu de l'incendie du temple.

Il sentit ses mains si froides et moites dont le toucher le dégoûta profondément, le révulsant d'instinct, tant parce qu'elle avait le corps d'une femme que parce qu'elle n'avait rien de naturel.
Non, ils n'étaient pas des humains. "Est-ce une raison de se laisser faire ?" Marmonna-t-il, empli d'une colère sourde, jusqu'à ce qu'il sente ces liens invisibles qui retenaient tout son corps. Piégé, entravé sans même l'être vraiment. Il ne pu ni ruer, ni se débattre. Il ne put que la sentir s'insinuer en lui, jusque dans les fondements même de son crâne, jusqu'à ce qu'elle en retire la colère.

Ce vide, ce grand vide froid en lui était si terrifiant, au fond, lui qui n'était habité que par sa haine et sa colère. Un vide gigantesque, un abîme infini, glacial et sans fond. L'horreur d'une réalité clinique à laquelle il refusait de penser, se réfugiant derrière la flamme de la colère. Et c'était si terrifiant que le loup blanc sentit son corps se hérisser de froid, lui qui ne craignait pas l'hiver et ses frimas. pour la première fois depuis longtemps, il eut froid, au fond de lui. Un froid blanc.
Elle le relâcha et il tituba en arrière, incapable de se remettre en colère, restant simplement sonné, s'ébrouant comme un chien à visage humain, ressentant l'envie de se cacher quelque part et de fuir cette autre créature qui se glissait dans son mental et son esprit de manière si pernicieuse.

Il ne trouva rien à répondre. Il était terrifié, le loup blanc qui ignorait la peur parce qu'il n'avait plus rien à perdre.
Lui jetant des coups d’œil méfiants, plus animal qu'humain, il s'écarta d'elle, rejoignant l'escalator tout proche et prenant une grande goulée d'air une fois à l'extérieur, ses yeux de nouveau bleus se posant furtivement sur sa compagne. Il n'avait plus envie de prendre le métro, il préférait marcher, comme pour remplir de nouveau son esprit de quelque chose. N'importe quoi. Tout plutôt que ce vide qui le terrorisa sincèrement.
Il frissonna malgré la moiteur de la ville, suivant les rues familières, évitant de la regarder. Il s'en souviendrait, oui. Il se souviendrait qu'elle n'avait même pas eu une seconde de reconnaissance.
"Les humains qui font ça peuvent te faire du mal. Ils veulent te baiser - mettre leur sexe dans le tien, quoi - c'est tout ce qu'ils veulent. Et crois-moi, tu n'aimerais pas ça."
Sa voix était assourdie, étrangement. Plus agressive, mais plutôt chargée de rancœur. Son pas était vif et son ventre noué. De la peur ?
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MessageSujet: Re: Me cherche pas, tête de noeud.   Mar 21 Juil - 13:45

THANATOS


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A sa question, Yurei n'avait pas de réponse et s’abstint de tout commentaire, préférant s'occuper du plus urgent plutôt que de digresser sans objet. Finalement, Yukishiro lui avait posé beaucoup de questions et la kaijin n'avait répondu à aucune, tout comme qui le faisait : c'était un dialogue de sourds-muets. Son esprit s'insinua dans celui du Ho-Masubi pour en extraire la colère recherchée sans oublier d'y traîner pour lui donner la sensation d'un viol mental; c'était exactement ce qu'elle faisait, fouillant dans les souvenir de l'homme pour apprendre ce qu'il avait vécu avec ce dont il se souvenait. Peu de choses, en définitive, furent utiles. Mais elle les garda au chaud, relâchant sa proie hors de son étreinte mentale froide et clinique, sans le moindre sentiment humain.

Il n'avait pu ni ruer, ni se débattre car la kaijin avait fait le nécessaire. Elle était née pour faire cela et les laborantins lavaient entraînée pour se distiller dans les esprits sans recours possibles. Principalement dans celui de Yukishiro, d'ailleurs. Elle regarda ce dernier tituber avec un fantôme d'air satisfait, lisant la peur en lui, palpable. Mieux : la terreur se lisait en lui, entre les lignes de son amertume et l'envie de débloquer ses scellées mentales pour jouir de l'instant fut grand, mais l’accès refusé. Elle comprenait pourquoi dans la mesure ou c'aurait été gratuit et peu porteur. Tant pis. Yurei aurait d'autre occasion de savourer l'abaissement de son chien.

Yukishiro lui jeta des coups d’œil méfiants, plus animaux qu'humains, et elle haussa vaguement des épaules en guise de réponse à une sorte d'interrogation qui ne vint jamais, reprenant la route derrière lui sans rien dire. Elle le laissa respirer à son aise, dix pas plus loin tout en gardant son allure stricte et régulière. Lorsqu’il la fixa un instant, ses grands yeux rouges inexpressifs accrochèrent ceux redevenus bleus: ils n'exprimaient rien du tout, en harmonie avec un visage de poupée immobile sans indices sur ses penses.

"Je n'aimerai surement pas", dit-elle tout simplement, "mais si ça me dérange, je sais me défendre comme tu as vu. J'ai été surprise."

Elle savait sans savoir, elle qui n'avait que quelques mois et le monde entier à rencontrer. Yurei trottinait derrière Yukishiro sans jamais le rattraper, même pas comme une menace dans son dos; il n'émanait rien d'elle. La Funayurei n'insista pas, ne lui fit pas plus de mal ou ne chercha à l'intimider. Elle marcha seulement derrière lui.

"N'en parlons plus. Rentrons à la maison."

Car malgré tout, ils avaient quelque chose en commun : il n'avait qu'un seul endroit où aller et c'était la Yomotsu.
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MessageSujet: Re: Me cherche pas, tête de noeud.   Mar 21 Juil - 16:49

L'air extérieur lui fit du bien, malgré la chaleur, marchant à grandes enjambées souples au milieu des badauds anonymes. Certains se retournaient sur Yurei, l'agaçant malgré lui. Passer inaperçu ce soir relevait de la gageure, avec ce qui ressemblait à une adolescente aux yeux rouges et cheveux cendrés.
"Ce n'est pas ma maison." La voix roula, basse et profonde. Non, cet endroit honni ne serait jamais sa maison. Avait-il vraiment eu un chez-lui ?

A cette pensée, une image du temple s'imprima en lui. Malgré tout son désir de renier tout ce qu'il avait été... C'était risible.
Plus pour s'occuper les mains que par réelle envie, il s'alluma une cigarette, soufflant la fumée dans la nuit bleutée, sans se soucier des zones fumeur ou non. Qu'on vienne donc l'arrêter. Ils ne se parlaient pas, parlant plutôt pour eux-même en des dialogues à sens unique. Ils n'avaient globalement rien à se dire.

Derrière lui, le Funayurei trottinait sagement en une pâle imitation de lycéenne banale.

[Cloooos o/]
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