Dans la chaleur de la nuit
Le mal est toujours puni
Les "Unités Kojiki", sortes d'armures intégrales de combat dotées d'une intelligence propre bien qu'instinctive, ont été découvertes alors qu'elles avaient été perdues par l'entreprise pharmaceutique qui les a créé, la Yomotsu Corporation. Cette dernière dépécha de nombreux agents dans l'espoir de les retrouver mais leurs nouveaux porteurs, se surnommant les "Tokusatsu", étaient devenus des justiciers masqués protégeant la ville de la menace Kaijin, des créatures monstrueuses aussi bien nées des malversations génétiques hasardeuses de la Yomotsu qu'à une singularité de la ville : l'énergie Fuzen.
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 Kara no kyoukai - garden of sinners.

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Murakumo Kaenguma
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MessageSujet: Kara no kyoukai - garden of sinners.   Sam 18 Juil - 13:57

SINNERS


I am useless.


Les bureaux se désemplissaient à mesure que les heures tournaient, comme dans n'importe quelle entreprise. Proche de la machine à café, assise sur sa chaise, Wakaba regardait les heures défiler sans rien dire; les autres se parlaient autour de quelques boissons chaudes devant le distributeur mais aucune ne lui adressa un regard; pas un sourire, pas un échange. Aujourd'hui encore, personne ne lui proposerait un café. Aujourd'hui comme tout les autres, elle était seule. Hé, Chubbiko, lui disait-on simplement en souriant. C'était mignon, qu'ils disaient. Elle ne trouvait pas ça mignon mais insultant. Et combien de fois avait-elle rêver se faire un ami qui lui aurait la force qu'elle n'a pas, celle nécessaire pour la sortir de cette prison en verre et en béton? Incapable de s'extirper seule de son marasme, Wakaba avait rêvé d'un ami qui serait plus fort qu'elle. Un ami imaginaire, quelqu'un qui la'attendrait chez elle après ces jours de travail, qui accepterait de la regarder comme une humaine et pas comme une collègue rasoir, une tokusatsu ou une gêneuse. Pas comme la "fille de", la "porteuse de",  la "grosse du bureau D"... juste la voir pour ce qu'elle était. Une petite personne grise qui se battait contre son propre père.

Mais elle avait accepté, et renier Genjirô; assumer ses actes n'était pas toujours évident et la douleur que la fille ressentait était la même que celle de son père : celle de ceux qui s'affrontent mais qui s'aiment. Et le temps qui ne passait pas, et ces dossiers ennuyeux, insipides, ces enquêtes terrifiantes, ces collègues sans égards. Adachi avait prit le dernier donut de la tablée en s'excusant... "ça va, tu as de la réserve Sado-kun!", avait-il plaisanté; elle n'avait rien osé dire. Les autres avaient ri, comme toujours. Parce que c'était mignon. Mais ce n'était ni drôle, ni mignon d'être chubbiko, ni même d'être Nikuhime. La jeune femme avait rangé ses affaires et était partie sans demander son reste à l'heure pile, ne saluant pas ses collègues qui discutaient devant l'ascenseur. Elle avait préféré prendre les escaliers, se faisant des idées tandis qu'elle les descendait; penseraient-ils qu'elle les a pris pour faire du sport, pour maigrir? Que pensaient-ils réellement? Tout cela la mettait terriblement mal à l'aise.

L'air était à la fois lourd et frais, quand le vent daignait pointer le bout de son nez; Wakaba avait l'impression dérangeante de sentir la sueur, se reniflant un peu. Peut-être n'était-ce que son imagination... elle avait besoin de prendre l'air là où personne n'allait en soirée, dans un endroit calme et paisible. Le métro la rendit encore plus anxieuse qu'elle ne l'était déjà, ôtant sa veste de costume pour remonter les manches de sa chemise à damier et s'essuyer le front. Elle ferma les yeux un instant, attendant d'arriver à Rengatei. Peut-être la sérénité" du temple l'aiderait à ne pas pleurer. C'était dur de tenir bon, de garder la face; elle pleurnicha un peu dans le métro, silencieusement, avant de descendre avec les autres passagers et marcher un long moment le long de la promenade pavée menant au temple, la lune pour seule compagne.  

Sa grand-mère parlait souvent de l'importance de la religion, du respect des kamis, des traditions, ayant fait de Wakaba une personne croyante sans vraiment l'être; du moment qu'on se sent en sécurité... elle sonna la cloche du temple et pria un instant, sans trop savoir quoi demander, pudique. Elle se plaignait de tout et n'avait rien à demander; drôle de femme. Elle qui était l'hôte de la puissance de Kanayama-hime, le temple qui contenait la présence fantôme de sa propre mère, le bout de viande qui contenait les espoirs du PDG de la Yomotsu. Elle-même se pensait une fille grise, trop grosse, trop ennuyeuse : elle voudrait être quelqu'un d'autre. Avoir quelqu'un qui lui parle, des fois. Avoir un ami.

Qui prier? Rien ne lui vint mais les mains jointes devant le visage, Wakaba pria fort pour qu'en cette heure avancée, quelqu'un soit là, au temple. Quelqu'un qui ne la jugerait pas. Juste une présence. Elle essaya de s'imaginer un ami, même s'il n'existait pas, et cette sensation lui donna envie de pleurer mais elle se retint. Ses poches pleines de snacks ne contenaient pas longtemps ses angoisses car quand elles étaient vides et son estomac plein, son moral restait toujours creux. Qui prier, que demander? Si les kamis existaient, qu'avaient-ils à faire d'une petite bonne femme comme elle, qui se plaignait constamment?

La cloche tinta dans le vent du soir, et rien ne se passa.

Elle resta seule un moment, à errer aux abords du temple avant de décider de rentrer chez elle.


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MessageSujet: Re: Kara no kyoukai - garden of sinners.   Dim 2 Aoû - 11:52



C'était dur de prier, quand on n'y connaissait rien. Dur de savoir trouver les mots justes. Melo était partit et Pinku se retrouvait sans coéquipier. Mais c'était autre chose qui serrait son cœur. C'était peut-être le résultat de tout ce qu'il avait pu imaginer, fantasmer, se nourrissant du fandom entre eux. Il n'avait pas pensé qu'il pourrait éprouver ce sentiment avant de le ressentir. Quand il était trop tard.
Il n'avait pas pensé tomber amoureux d'un autre homme dont il ne savait que ce qu'il s'imaginait en secret. Il n'avait pas prévu qu'il puisse pleurer parce qu'il partait, qu'il raccrochait. L'idée même avait quelque chose d'horrible : se séparer d'Hana-chan lui semblait si contre-nature...
Un jour, il y aurait quelque part un autre Melolon. Mais ce ne serait plus "son Melo-Sama." Celui qu'il imaginait brun, ténébreux étudiant, droit et assuré. Il était parti et il n'y aurait plus jamais de prochaine fois. Même les ondes de consolation d'Hana-chan ne pouvaient rien faire contre un chagrin d'amour. Un amour avorté avant même de naître. Mais un amour quand même.

Alors il était allé au temple. Pour une fois. Pour prier pour Melolon, où qu'il soit. Pour que la personne derrière l'armure connaisse la joie et la réussite. Il avait un peu pleuré, aussi. Parce qu'il ne pouvait pas s'en empêcher. Pinku-no-Hana ne serait plus jamais en duo avec Melolon.

La nuit était tombée et il était resté à errer aux abords du temple. A s'imprégner de l'atmosphère si particulière du lieu. Ici, il se sentait en paix. Les Kaijins ne viendraient pas si près d'un temple, il en avait l'intime conviction. C'était si paisible... Il marchait dans les allées, profitant de la verdure vêtu encore de son uniforme du lycée Tottori. Il était venu ici dès la fin des cours, incapable d'aller au club, il n'avait même pas envie de nager.

Soudain, une silhouette manqua de lui rentrer dedans alors qu'il passait par l'une des allées. Il faudrait bien un jour rentrer chez lui malgré la paix de l'endroit. Sursautant, en manquant de peu la collision pure et simple avec une fille, trébuchant un peu, avant de s'excuser aussitôt, plus par réflexe : "Je suis désolé ! Ca va ?" Demanda-t-il avec gentillesse, un peu mal à l'aise d'avoir été à ce point perdu dans ses pensées.

Cette fille... Il l'avait déjà vue... Mais où..? Un peu perplexe, il demanda en la fixant un instant "On se connaîtrait pas..?" Son visage rond lui était vaguement familier. Il était rare au japon de croiser des gens obèses. Et cette fille sortie de nulle part lui faisait un miroir terrifiant à ce qu'il avait été. Il ne la fixa cependant pas comme un malade. Il savait la douleur du regard des autres lorsqu'on était gros dans une société de minces. Le poids des apparences. Elle était vairon... Il fouilla dans sa mémoire avant de se souvenir... La fille de la Yomotsu ! Elle avait fait une intervention au lycée, quelques mois plus tôt. Les gens s'étaient moqués d'elle sous cape. Pas lui. "Ho... Tu t'appelles... Saba... Non Sado ? Tu as fait une intervention dans mon lycée il y a quelques temps." Il sourit. C'était une ennemie. Pourtant... Rien qu'à la voir, il ne pouvait pas la détester. "Je m'appelle Shimizu Haruki. Enchanté de te rencontrer." Il lui tendit la main simplement, sans a priori. Il souriait gentiment dans la pénombre.
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Murakumo Kaenguma
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MessageSujet: Re: Kara no kyoukai - garden of sinners.   Dim 2 Aoû - 12:16

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La nuit recouvrait rapidement le temple et l'heure de rentrer était venue, après avoir passé un long moment seule. Cette solitude lui avait fait du bien, même si elle n'avait pas chassé ses angoisses; ou peut-être les avait-elle chassé pour quelques instants fugaces avant que la tristesse ne la reprenne en repensant à tout cela. Wakaba aimait comme détestait la solitude : seule, elle était triste et bien à la fois, sans complication, sans autre fardeau à porter que le sien, qui pourtant devenait trop lourd. Femme de paradoxe à l'esprit toujours apeuré, inadapté, elle ne savait quoi faire avec sa souffrance, priant secrètement que quelque de fort vienne et lui enlève magiquement ce poids sur ses épaules. Elle était seule sans jamais l'être avec cette présence tout au creux d'elle, familière et inconnue; une présence qui semblait être à la fois maternelle et terrible, la protégeant et la dominant à la fois. Était-ce Kanayama-hime, ou sa propre mère? Wakaba n'en savait rien et dans le doute, elle ne voulait surtout pas y penser.

L'esprit ailleurs, la jeune femme buta dans quelqu'un sur le chemin du retour, manquant de tomber à plat ventre. Elle ne perdit pas l'équilibre mais le contenu d'une des poches de sa veste se répandit sur le sol; un paquet de pocky, un petit sac de chips et quelques snacks qu'elle s'empressa de ramasser, s'agenouillant devant un jeune homme qu'elle ne connaissait pas, le regard baissé.

"Ca... ç-ça va... j-je... je suis d... désolée...", cherchant ses mots et pressée de filer pour ne pas croiser le regard du garçon, elle balbutiait maladroitement, "c'est... c'est ma f-faute... je.. j-je ne r-regardai p-p-pas où j'allais..."

Elle le pensait sincèrement, parce que dans son esprit elle était constamment responsable de tout. Lorsqu'il lui dit qu'ils se connaissait peut-être, la jeune femme osa relever le nez du sol et se redressa,s es snacks dans les bras,le visage rouge comme une pivoine; ses yeux étaient rouges d'avoir trop pleuré et sa mine pâle et défaite... il la tutoyait? Cela la mit visiblement mal à l'aise et elle baissa à nouveau le regard, agacée : pourquoi personne ne lui donnait le respect d'une femme de son âge. Elle avait presque trente ans et qu'un lycée la tutoie la gênait plus que de raison; elle-même ne tutoyait jamais personne.

"Je... j'ai du mal à me souvenir, vous étiez nombreux et... je n'ai pas la mémoire des visages..."

Elle n'avait pas de mémoire du tout, à vrai dire et le nom du garçon ne lui dit rien non plus; la jeune femme gonfla les joue, visiblement gênée de ne pas le reconnaître, rangeant ses snacks dans ses poches. La tokusatsu prit la main tendue et la serra : la sienne était chaude et moite, un peu grasse, glissante. Le bout de ses doigts plus particulièrement semblait désagréable au touché car elle venait de manger des chips sans s'être nettoyé les mains.

"Je suis désolée j'ai... j'ai les mains sales, ce n'est pas très p-poli... excusez-moi, Shimizu-san..."

Se taisant car elle ne savait pas quoi dire, Wakaba attendit simplement que Shimlizu parte, après de simples politesses. Voyant qu'il restait, elle se mit à suer, ne sachant quoi dire et se risquant alors maladroitement et avec une pointe de crainte enfantine, en tremblant un peu :

"Bon... bonsoir alors, hein.... b-bonne soirée..."


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