Dans la chaleur de la nuit
Le mal est toujours puni
Les "Unités Kojiki", sortes d'armures intégrales de combat dotées d'une intelligence propre bien qu'instinctive, ont été découvertes alors qu'elles avaient été perdues par l'entreprise pharmaceutique qui les a créé, la Yomotsu Corporation. Cette dernière dépécha de nombreux agents dans l'espoir de les retrouver mais leurs nouveaux porteurs, se surnommant les "Tokusatsu", étaient devenus des justiciers masqués protégeant la ville de la menace Kaijin, des créatures monstrueuses aussi bien nées des malversations génétiques hasardeuses de la Yomotsu qu'à une singularité de la ville : l'énergie Fuzen.
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 Il faut savoir ignorer.

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Ôta Yuzu
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MessageSujet: Il faut savoir ignorer.   Mar 4 Aoû - 19:32


Il faut savoir ignorer.
Music ♪


Le bruit assourdissant d'un ventilateur. Les commentaires incompréhensibles de présentateurs sur un petit écran de télévision au volume trop bas pour entendre correctement. De temps en temps, lorsque le vent soufflait, on pouvait entendre le son d'une clochette suspendue devant une fenêtre ouverte.
Yuzu jeta un coup d'oeil au paysage. Le soleil était déjà en train se coucher : le ciel teintait toute la pièce d'un ton orangé. L'atmosphère devenait étrange, intemporelle. Le Yakuza, torse-nu, était perdu dans ses pensées. Yoru n'allait pas tarder à arriver. C'était bien ce qui le laissait si songeur.
Il s'était passé beaucoup de choses en peu de temps, la veille. Et à dire vrai... Yuzu n'avait pas pris le temps d'y penser. Il n'avait pas voulu prendre le temps d'y penser. Fuir était plus simple. Tant qu'il le pouvait, il le ferait.

On frappa à la porte.
Il tira sa dernière bouffée de cigarette et l'écrasa dans son cendrier quasi plein.

Yuzu attrapa son marcel blanc et l'enfila pendant qu'il se dirigeait vers l'entrée. De là, il ouvrit la porte, et en apercevant son ami, il posa son coude sur le mur et lui accorda un énorme sourire :

« Yo ! »

Il voulait passer un bon moment sans se prendre la tête, tout simplement. Comme d'habitude. Il ouvrit en grand et fit signe de rentrer d'un geste de main au coréen.

« J't'en prie. Mais va pas te plaindre sur la propreté, hein ! »

Il rit bruyamment et claqua la porte. Elle débouchait sur une minuscule entrée ou était entreposés ses deux paires de chaussures. Il se trimbalait généralement pieds-nus chez lui, comme actuellement. Yuzu monta la marche et traversa le petit couloir dans lequel se trouvait une kitchenette avec des placards hauts. La vaisselle était en train de sécher, encore trempée car faite récemment. Des paquets de gâteaux ouverts traînaient sur les plaques de cuisson. Le Yakuza se dirigea dans la pièce principale et se laissa tomber sur le canapé. Le parquet était propre malgré les plaintes poussiéreuses, et on sentait l'effort fait sur les vêtements qui à la place de traîner sur le sol, étaient entassés les uns sur les autres sur le dos du sofa. Il faisait l'angle de la pièce au fond à gauche, en dessous d'une large fenêtre prenant tout le mur, et était disposé derrière une table basse. A côté, une porte coulissante en papier de riz. Sur le mur en face du canapé, une petite télé trônait sur un meuble tenant miraculeusement debout en dessous d'une vitrine ou était minutieusement entreposé une coupelle.

« Fais comme chez toi, assis-toi si tu veux. » lâcha-t-il en posant ses coudes sur le dossier du sofa.

De l'autre côté, il n'y avait pas grand chose à part un pouf en forme de poire au milieu de piles de magazines pornographiques, rangés en tas pour l'occasion mais pas cachés pour le moins du monde. Au dessus était entreposé le katana dont Yuzu ne se servait que très rarement. A côté, une autre porte coulissante qui débouchait sur la salle de bain. Le salon était au final ridiculement grand comparé à l'ameublement : on sentait bien que cet appartement ne vivait pas beaucoup.


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MessageSujet: Re: Il faut savoir ignorer.   Sam 8 Aoû - 9:27


Il faut savoir ignorer.


Il avait tourné un moment dans le quartier jusqu'à trouver l'immeuble où vivait son ami, son téléphone à la main en constatant qu'il était plutôt mauvais en orientation, même avec un GPS. Sa bouteille de sake à la main, Jae-yeol resta un long moment comme un rond de flanc sur le seuil de l'immeuble en se sentant stupidement tendu : ce n'était qu'une soirée entre potes, une soirée avec son aniki. Tirant nerveusement sur le col de sa chemise à manches courtes imprimée léopard - toute en ostentation - le coréen se décida à sonner. Le soleil se couchait sur la ville, lui donnant un aspect à la fois inquiétant et paisible; c'était ces moments-là, un peu entre chien et loup, qu'il préférait, lui qui vivait principalement la nuit. Il monta les escaliers quatre à quatre jusqu'à arriver à la porte de l’appartement de Yuzu, se contentant de cogner contre. Le jeune homme prit un instant pour prendre une grande inspiration et se composer une expression détendue bien qu'il ne le fut pas du tout. Rien d'étonnant à cela mais tout ce que désirait Jae-yeol, c'était passer une bonne soirée avec son meilleur pote. Depuis quand les choses étaient devenues si étranges?

Parfois, il semblait au coréen que son aniki portait toujours les mêmes vêtements. Lui qui était si obsédé par la mode, portant toujours des tenues tape-à-l’œil et qui portait ce soir un pantalon en cuir avec des bottes paramilitaires et cette atroce chemise léopard, les bras bardés de bracelets en cuir et en argent, avait du mal à concevoir la sobriété; il aimait le look désuet qu'avait Yuzu mais aurait parfois aimé le voir autrement qu'avec un marcel et un jeans. Il accorda le même sourire que celui qu'il reçu en guise de bienvenue et jeta presque la bouteille de sake à son ami, souriant jusqu'aux oreilles. Il avait une seconde bouteille dans l'autre mains, mais l’étiquette était écrite en hangeul.

"Wokkasaki, mec! Distillé trois fois!"

Une merveille selon le patron du bar où il avait demandé conseil; le prix prouvait que c'était le cas mais Jae-yeol s'en fichait, entrant dans l'appartement avec indolence et familiarité même s'il n'y était jamais venu. A la réflexion de son aîné sur la propreté des lieux, le coréen n'eut qu'un éclat de rire un peu moqueur.

"C'est bon, c'est pas comme si t'invitais une belette chez toi! C'est juste moi!"

A vrai dire, il avait toujours été curieux de l'endroit où vivait Yuzu, n'ayant lui-même pas vraiment de chez-lui. Deux paires de chaussures, une toute petite entrée et dans la cuisine, de la vaisselle qui séchait. Des vêtements sur le sofa, une pile de magasines porno et un katana. Le coréen regarda un long moment ce dernier; Yuzu avait toujours été pour lui une sorte de samurai des temps modernes qui cherchait justice. Une image très romancé de ce qu'était le yakuza, mais le coréen aimait y croire. Se retournant vers son ami qui lui parlait, il se contenta de poser son autre bouteille sur la table, s'asseyant à l'autre bout du canapé en prenant ses aises et croisant les jambes.

"C'est du makgeolli, ça vient de chez moi. C'est pas très fort mais c'est... original. Y avait plus de soju là où je m'approvisionne, puis le soju c'est juste une sorte de sake donc bon..."

Il disait cela parce que le makgeolli était un alcool doux et laiteux, ressemblant un peu à du yaourt liquide; lui-même en consommait en quantité, préférant les alcools sucrés et liquoreux aux forts ou aux amers, se gardant cependant bien de le dire. Le jeune homme se pencha finalement sur la poire et prit un des magasines porno de Yuzu au hasard, feuilletant par curiosité. Il n'eut visiblement aucune gêne, mais aucune réaction non plus à la lecture, comme s'il consultait un annuaire. Jae-yeol n'avait jamais été attiré par les femmes, même dans les lointains souvenirs de son enfance. Il n'était jamais sorti avec aucune, n'en avait jamais embrassé une. Le coréen ne s'était pas posé de question : c'était ainsi qu'il était. Il se demandait juste comment son ami trouvait ces femmes stimulantes mais imaginait que c'était la même réaction que lui face à des magasines gays.

"Bon, et si on buvait un bon coup, onii-chan?"

Jae-yeol aimait bien taquiner Yuzu avec le terme de grand-frère. Il adorait le chambrer dans le fond. Se grattant le ventre, assis bien à l'aise, il continua sa lecture avant de lancer à son aîné:

"Y'en a qui sont vraiment jolies", il feuilleta plus avant, "... c'est marrant."
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Ôta Yuzu
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MessageSujet: Re: Il faut savoir ignorer.   Dim 16 Aoû - 19:27


Il faut savoir ignorer.


Lorsque Yuzu attrapa la bouteille de Wokkasaki, il eut un large sourire. Bien que le coréen lui nomma l'alcool, Yuzu était incapable de savoir de quel genre de sake il s'agissait. Cependant, étant distillé trois fois, il avait une très bonne idée de la qualité du contenu.

« Tu vas me faire croire que t'as trouvé ça dans un placard ? Ca doit coûter une blinde, ce truc ! » Il regarda un instant l'étiquette, et ajouta : « J'ai hâte de le goûter ! »

Il ne voulait pas que son ami puisse y voir un quelconque reproche : le Yakuza avait donc préféré montrer son enthousiasme. Il allait boire avec plus de minutie ce qu'il considérait comme de l'or liquide ; parce que c'était cher et bon. Yuzu posa soigneusement la bouteille sur la table basse.

« C'est bon, c'est pas comme si t'invitais une belette chez toi ! C'est juste moi !
- Quoi, t'es pas une belette ? » plaisanta-t-il en s'affalant sur le canapé.

Il regardait d'un œil curieux l'autre alcool qu'il ne connaissait pas. Il se demandait quel était ce langage bizarre était écrit sur l'étiquette, avant de réaliser que par logique, cela devait être du coréen. Il approcha son visage de la petite table, ses doigts frottant son menton et prenant un air réfléchi. Ouais, les formes étaient un peu rondes... non ? Ce devait être du... han... hanj... Hangeul ? Yoru avait déjà dû lui dire mais il ne s'en souvenait pas. N'osant pas trop s'avancer, il désigna la bouteille d'un coup de menton :

« Et ça, c'est quoi ? »

Le Yakuza écouta attentivement son interlocuteur, acquiesçant d'un signe de tête avec un air intéressé. Il connaissait très bien le soju, pour en avoir déjà beaucoup bu. En revanche, du makgeolli, cela ne lui disait rien du tout. Il sourit simplement, lâchant un « Ouais, cool ! » enthousiaste. Yuzu se laissa tomber dans le sofa en posant sa cheville sur son genoux gauche, observant Jae-yeol du coin de l’œil. Au vu de leurs derniers échanges de la veille, il fut étonné de constater que le coréen ouvrait un de ses magazines pornographiques. Sans s'en rendre compte, il redressa la tête et son expression devint plus curieuse, tintée de surprise. La manière dont il feuilletait les pages lui arracha un sourire en coin. Cela ne l'émoustillait même pas d'un poil : comment Yuzu ne s'était-il jamais rendu compte que son otôto était gay ? Le jeune homme se sentit soudain un peu mal à l'aise. Il fallait s'y attendre, en même temps : il ne pouvait pas juste occulter l'orientation sexuelle du coréen. Il avait, après tout, décidé de l'accepter comme il était. Le Yakuza n'était de toute façon pas capable d'imaginer couper les ponts de quelque manière que ce soit. Il ne pouvait cependant nier le fait qu'il lui fallait encore du temps pour digérer ce coming-out.

« Bon, et si on buvait un bon coup, onii-chan ?
- Ha, ouais ! » lâcha Yuzu en se redressant tout d'un coup, sortant de ses pensées. « Bien sûr. »

Le jeune homme se redressa et se dirigea machinalement vers sa kitchenette. Il ouvrit les portes du placard et réalisa : onii-chan ? Il n'avait pas réagi : s'y était-il fait ? Il secoua la tête : il ne pouvait pas accepter ça ! Il avait l'impression d'être un lolicon... envers un gay avec des couettes. C'était un sentiment très étrange. Il attrapa deux coupelles à sake et deux verres qu'il posa sur la petite table.

« Tu as l'air d'aimer de m'appeler Onii-chan. » Il avait volontairement prit une voix très aiguë et ridicule pour prononcer ce mot. « Tu veux que je prenne des bains avec toi ou quoi ? »

Il ria bruyamment. Il n'avait pas trouvé meilleure comparaison : la première image qui lui venait en tête lorsqu'il imaginait une petite sœur, était de prendre son bain avec lorsqu'elle avait encore 3 ou 4 ans. Il avait sûrement lu trop de mangas... En conséquence, sa réplique n'avait pas eu l'effet escompté. Cela ne sonnait en rien comme un reproche et encore moins comme une demande de cesser ce sobriquet.
Il fit craquer ses cervicales en plaquant sa main sur sa nuque.

« Je savais pas si tu préférais une coupelle ou un verre... J'ai pris les deux ! »

Pour déguster un bon sake et prendre son temps, la coupelle était mieux.
Yuzu retourna dans sa cuisine et ouvrit son frigo, ramenant quatre bières fraîches de marque moyenne. Il n'avait, d'habitude, que de l'alcool bon marché. Mais sachant la venue de Jae-yeol, il était allé en acheter du bon à la supérette d'à côté. Il posa les canettes sur la table : c'était clair, il avait prévu de boire tout son saoul.
Il ne put s'empêcher de rire à la remarque du coréen sur les filles du magazine. Un rire un peu nerveux. Le fait que le coréen trouvait ça « marrant » rendait le Yakuza mal à l'aise.

« Jolies, hein ? » Il ricana et s'assit sur l'angle de son canapé. « C'est pas vraiment le premier truc qui me vient à l'esprit quand je les vois, personnellement. » Il eut un grand sourire et ajouta : « De toute façon, la première chose que je vois c'est leurs gros nichons, donc j'ai pas le temps de faire gaffe à leur tronche ! »

Il rigola grassement à sa remarque à la limite du mysogyne et se pencha vers la petite table, les coudes posés sur ses genoux. Il était qui il était, après tout : Jae-yeol l'avait toujours connu comme ça. Le fait qu'il soit gay n'allait pas le faire vomir au mot « nichon », n'est-ce pas ?

« Tu veux commencer par quoi ? » demanda-t-il en désignant les alcools posés sur la table.


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MessageSujet: Re: Il faut savoir ignorer.   Dim 16 Aoû - 21:45


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Le sourire de Yuzu le conforta dans l'idée qu'il avait fait le bon choix et il préféra sourire sans rien répondre aux interrogations de son aîné sur le prix et l’obtention de ce sake surement hors de ses moyens; rien de plus vrai mais parfois les gens savent être de vrais magiciens lorsqu'il s'agissait de faire plaisir à ceux qu'ils aimaient et Jae-yeol ne faisait pas exception à la règle. Il se contenta d'un haussement d'épaules énigmatique, signe qu'il n'argumenterait ni sur le prix, ni sur la possession: certaines choses, étant des cadeaux, ne doivent pas se divulguer. Et si le yakuza avait hâte d'y goûter, alors il avait tout bon et c'était bien l'essentiel. Regardant son ami s'affaler sur le canapé où il avait lui-même pris place, le délinquant eut un rire de gorge plutôt sardonique lorsque l'autre le traita de belette, lui filant une bourrade.

"Une belette avec une grosse paire de couilles!"

D'habitude, féminiser Jae-yeol était une mauvaise idée qui lui faisait monter la moutarde au nez et le rendait violent, mais là on parlait de Yuzu, son meilleur ami, son grand-frère. Il savait bien que c'était une blague et répondait sur le même ton, gras et direct. Aucune complication, aucun heurt à son complexe : il avait toujours souffert de se sentir plus maigre, plus fin que les autres. De ne pas avoir de barbe; il cachait cette frustration derrière du maquillage coûteux et des perruques excentriques, du zèbre, du cuir et du léopard. L'air curieux de Yuzu amusa le coréen qui le regarda scruter l'étiquette en hangeul, sans rien dire. Il aimait quand son pote faisait ce genre de grimace de loubard de vieux manga, l'air suspicieux sans objet.

"Ça?", demanda Jae-yeol tandis qu'il était en train d'ouvrir ses bottes pour les ôter, restant pieds nus en se massant négligemment la plante des pieds, "c'mon sperme en bouteille."

Il fut très sérieux, ouvrant la bouteille à large goulot pour montrer à Yuzu la consistance épaisse du liquide blanchâtre à l'apparence laiteuse. Essayant de maintenir un apparent stoïcisme, il ne put cependant se retenir et hilare, se fendit d'un rire aux éclats en refermant le bouchon de la bouteille.

"C'est du vin de riz", dit-il en reprenant son souffle, les larmes aux yeux d'avoir trop ri. Il avait mal aux abdominaux, "c'du riz gluant, de l'orge et d'la farine de blé, cuits à la vapeur et mélangés à d'la levure et de l'eau et laissé à fermenter. A la base c'était un alcool de paysan mais c'est considéré comme chic maintenant. C'pas fort mais j'aime bien le goût et la consistance."

Le coréen n'ajouta rien de plus, le sourire aux lèvres en proposant à Yuzu de boire, tout simplement puisqu'ils étaient un peu là pour ça, se plongeant dans les magazines porno de son hôte avec curiosité pendant que son aîné se rendit dans la kitchenette. Il releva le nez de ses pages en le voyant revenir avec verres et coupelles et se fendit d'un large sourire malicieux jusqu'aux oreilles, assis en tailleur sur son bout de canapé.

"J'adore ça, oniii-chhaaan", fit le coréen en prenant la même petite voix aiguë de crécelle.

A l'évocation de prendre un bain ensemble, le souvenir de leurs enfantillages au sentô l'autre jour lui revint en mémoire et le mit mal à l'aise. Cependant Jae-yeol refusa de monter quoi que ce soit et se défendit avec son bouclier habituel : un rire gras et de la taquinerie.

"T'as tellement kiffé aller au sento avec moi  onii-chan?", lui demanda-t-il avec un air exagérément angélique, "tu rêves d'admirer mon crâne de plus près?"

Le bosozoku refusait de laisser l'ambiance redevenir aussi étrange qu'il y avait quelques jours, quand il s'était obligé à être sérieux quelques instants et à dire des choses un peu.. spéciales; Jae-yeol s'tait promis de ne plus jamais le faire et de tenir sa langue sur ses sentiments pour son meilleur ami. Leur amitié était plus précieuse que tout à ses yeux et il ne voulait pas la saborder. En outre et même si Yuzu avait plutôt bien réagi, le coréen gageait que le fait qu'il soit gay mette bien plus Yuzu mal à l'aise que le fait qu'il soit un travailleur du sexe. Et pourtant, comme il aimait cette manière de se faire craquer les cervicales, si masculine, si assumée.

"Je préfère un verre, je suis pas très doué avec vos coupelles", dit-il sincèrement en riant un peu.

C'était vrai. Sa famille utilisait des bols pour boire l'alcool, en général et les coupelles lui semblaient contenir peu pour être peu maniables; il les renversait assez souvent et n'aimait pas gaspiller. Il replongea dans la lecture du magazine cochon de Yuzu alors que ce dernier ramenait de la bière; le coréen lui tendit le pouce pour le féliciter d'avoir pensé à la mousse,s ans lever le nez des filles dénudés aux bustes protubérants, bien trop volumineux pour être honnêtes ou esthétiques, selon lui. Cependant et malgré ses goûts, certaines lui apparaissaient belles malgré tout: de jolis yeux sous le maquillage, une jolie bouche. Même pour une femme. Et pourtant rien qui puisse l'émoustiller, lui qui préférait le muscle ferme à la courbe charnue.

"Ouep j'me doute bien, toi ce que tu kiffes c'est les nibards et les culs!", anticipa't-ils ans se tromper en s'ouvrant une bière, recroisant ses jambes en tailleur. Il était grand pour un asiatique, les jambes maigres dans son pantalon en cuir, "bah, qu'est-ce que j'avais dis!", rit-il quand Yuzu confirma. Il lissa sa chemise au niveau de son torse, se frappant finalement le torse en avalant une longue lampée de bière avant de roter.

"J'aime pas les nichons, pas du tout", gloussa Jae-yeol avant de tourner quelques pages de magasines, "je préfère les pecs, les muscles, les biceps. Les trucs de mecs.... quoique..."

Il sembla réfléchir en terminant sa canette d'un trait.

"Y'a une nana que j'ai croisé la dernière fois, à Higashibaba, dans une brasserie...", il tira son verre pour ouvrir le sake et servir Yuzu puis lui, tendant ce dernier pour trinquer, "une grande brune, les cheveux au carré, rien de spécial. Elle faisait son footing... et putain, pour une nana...elle était bien musclée et tout, ça m'a fait tout drôle. Je l'ai trouvé bandante pour une meuf, ça m'a trop perturbé putain..."

Jae-yeol rougit confusément de confesser qu'il avait trouvé une femme abordable malgré le fait qu'il était gay. Il ignorait pourtant que Yuzu connaissait cette brune très athlétique qui tournait souvent autour d'une izayaka du quartier Baba.

"Ça m'est déjà arrivé, ouep", il avala un peu de sake en serrant les dents; il était fort et brûlait la gorge, "mais j'suis pédé, c'est tout. J’aime trop m'faire déboîter par des mecs bien montés."

IL avait dit ça comme pour se rassurer, comme pour se dire à lui-même que ce n'était pas bien grave d'avoir trouvé une femme attirante. Le jeune homme se posa par terre, roulant sur le côté proche de la table basse en s’appuyant sur son coude. Son visage un peu moins livide que d'habitude attestait que l'alcool le mettait à l'aise et crapahutait déjà dans son sang, lui qui buvait si vite.
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Ôta Yuzu
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MessageSujet: Re: Il faut savoir ignorer.   Mar 18 Aoû - 19:56


P*tain de m*rde !!


Yuzu rigolait simplement, avant de poser curieusement une question au sujet de l'alcool coréen. Il devint légèrement blanc aux dires de son ami ; s'il aurait été en train de boire, il aurait sûrement tout recraché.

« Que-wa ? » lâcha-t-il avec surprise. Comprenant toutefois la plaisanterie, il lança avec un sourire : « Encore un truc de pédé c'est ça ? »

Le Yakuza n'était cependant pas assez bête pour croire à sa propre bêtise et écouta avec attention les réponses de Jae-yeol. Globalement, son cerveau n'avait retenu que deux choses : alcool chic, pas fort. Et cela lui allait parfaitement ; raison de plus pour boire tout son saoul. Alors qu'il posait verres et coupelles sur la petite table, son Otôto continuait de le taquiner. Il n'aimait vraiment pas ce surnom d'onii-chan... Mais au comportement du coréen, il savait bien qu'il était finalement trop tard pour objecter. Yuzu aurait bien sûr pu le prendre par le col et lui postillonner à la figure en lui ordonnant d'arrêter, mais il préférait de loin privilégier son amitié et sa soirée beuverie entre potes. Aussi, il ne broncha pas, haussant simplement les épaules avec un sourire complice.

« Ton crâne n'a plus de secret pour moi, Otôto ! Même si j'avoue, j'aimerais bien le frotter avec du savon juste pour t'emmerder et le faire briller à mort ! »

Il rit simplement en attrapant une bière qu'il ouvrit sans encore y toucher. Il fallait dire que le sujet des poitrines opulentes l'intéressait particulièrement ; il n'avait pas spécialement fait preuve de tact pour montrer son amour des corps féminins. Il regretta presque lorsque Jae-yeol lui rendit la pareille, commençant à parler de biceps, de pectoraux, et curieusement, d'une femme musclée. Bien que décontenancé, l'expression de Yuzu devint un peu plus sérieuse et son ton plus froid :

« Bah, je connais une lesbienne qui a déjà couché avec un mec parce qu'il était le seul qu'elle trouvait attirant dans tout le Japon. J'imagine que ça arrive dans les deux sens. »

La conversation le rendait mal à l'aise et il ne trouvait rien de mieux à raconter que la vie des autres ; en même temps, quoi ? Il n'était pas une tarlouze. Il n'avait aucune idée de ce que ça pouvait faire, tout ça, et il n'en avait pas envie. Bien sûr, il y avait eu l'incident au bain la veille mais... Il se refusait de croire que cela puisse être une attirance. Un accident, oui, sûrement... Pour tromper son embarras, il but sa bière d'une traite et lâcha un « Tchaaaaaa ! » de satisfaction en posant bruyamment la canette sur la table.

« Enfin, ça veut pas dire que tu dois coucher avec juste parce qu'elle a des abdos, hein. Même si de dos tu vois la différence, elle a quand même un trou en plus et des nibards à tripoter. »

Il ne pouvait s'empêcher maladroitement d'insinuer qu'il ne voulait pas qu'il couche avec une femme, tentant de le dégoûter en le projetant dans une relation hétéro. Il se demandait bien pourquoi, au final... Après tout, pourquoi pas ? S'il pouvait devenir bi ou hétéro, ils seraient tous les deux des « vrais » hommes. Yuzu savait que son raisonnement était faux, mais se persuadait qu'il était juste. Cependant, il ne pouvait pas le nier : il ne voulait pas que son Otôto puisse se tourner vers les poitrines. Non pas que cela le répugnait, pourtant, mais cela lui semblait faux... Et solitaire.
Il versa un peu de sake dans un des deux verres et quelques gouttes dans une coupelle, puis tendit le verre au coréen :

« Tiens. »

Il commença à siroter sa coupelle avant de manquer de recracher le peu de contenu avalé et toussa bruyamment, se tapant le torse à coup de poings. Qu'est-ce qu'il pouvait répondre, maintenant ?... Son coude était posé sur son genoux et il tenait son contenant de deux doigts, l'air sceptique, se retenant de laisser transparaître sa panique. Il gardait cependant la bouche ouverte dans une grimace caricaturée de la brute prise au dépourvue, la tête vide. Yuzu eut alors un réflexe de défense : boire la coupelle d'une traite et se resservir. Il aurait bien bu cul sec la seconde, mais il ne pouvait simplement pas gâcher un alcool si précieux.
Fixant son sake, ses lèvres tremblaient comme si elles allaient prononcer un mot puis un autre, sans jamais rien dire cependant. Finalement, il parvint à lâcher :

« T'as déjà testé de faire le me... De tester dans l'autre sens ? »

Ca voit était étouffée en raison de sa gorge irritée par la précédente toux. Il n'avait rien trouvé de mieux à demander, alors qu'il savait très bien que s'enfoncer dans cette conversation ne ferait qu'accentuer son mal être. Il but son sake avant de prendre la bouteille et d'en verser à nouveau. Pour dissimuler sa gêne, il plaisanta grassement :

« Remarque, j'me suis souvent dis que j'aimerais bien être à la place des nanas que je baise pour savoir pourquoi c'est si jouissif de se prendre ma grosse bite, ahah ! »

Son rire était nerveux. Il finit de nouveau sa coupelle, et se resservit une fois encore, posant sa main libre sur son front. Il allait avoir besoin de plus d'alcool qu'il ne le croyait.


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MessageSujet: Re: Il faut savoir ignorer.   Mer 19 Aoû - 18:22


LOL.


Jae-yeol rit grassement à sa blague en manquant de reverser son verre de sake; Yuzu avait ce côté naïf pour un type de son âge et de sa trempe qui l'amusait toujours autant et lui donnait cette envie indescriptible d'être à ses côtés à la fois. C'était bizarre : plus son ami se comportait comme un abruti lent du bulbe, plus le coréens e sentait attiré par lui. Leur discussion partit du rire à la gêne en passant par le graveleux du sujet des femmes et des hommes; beaucoup d'émotions différentes et de contradictions à la fois infimes et énormes, le tout arrosé d'alcool. Cependant lorsque le ton du yakuza se fit un peu plus froid, le jeune homme retrouva un peu de sa lucidité perdu au fond de son verre vide, à présent.

"J'sais pas, surement", dit-il sincèrement en haussant les épaules, "j'imagine que c'est pas gravé dans l'marbre, les goûts. Mais... bah, c'pas un sujet important, boire c'est mieux que d'se casser la tête sur ça."

Jae-yeol n'eut aucune arrière-pensée, contrairement à ce que l'on pourrait croire de lui. Il pensait simplement qu'il n'avait connu que des hommes et n’insinuait rien part rapport à son ami. Il regarda boire ce dernier en s'ouvrant une nouvelle bière, sentant déjà l’ivresse le prendre timidement en le forçant à ouvrir deux boutons de sa chemise. Le coréen semblait comme avoir la bougeotte, assis en tailleur par terre, le corps oscillant, agité de spasmes; il était toujours un peu comme ça; nerveux, tendu, agité de tics physiques. La situation et leurs maladresses à tous deux le mettaient de plus en plus mal à l'aise si bien qu'il s'agitait de plus, le visage un peu plus rouge que d'habitude.

Jae-yeol demeura étrangement silencieux aux dires de son aîné sur le fait qu'il pourrait tenter de coucher avec une femme, ne sachant comment interpréter ses paroles qui lui semblaient un peu contradictoires. Il serra son verre dans son poing avec agacement, les dents serrées sans trop oser rien dire; on parlait de Yuzu là, de son meilleur pote. Pourtant au fond de lui, quelque chose blessa le yankee et son visage devint plus dur alors qu'il prit la coupelle offerte, se contentant d'un simple "merci", sans extrapoler sur la question; il ne savait réellement plus à quel saint se vouer dans la discussion et l'alcool n'aidait pas.

Il bu sa coupelle avec empressement, pris du même réflexe de défense que son ami : boire pour éluder, pour vider sa tête de ces complexités dont il ne voulait pas entre son aniki et lui. Depuis quand la situation était-elle devenue si étrange? Il ne savait ps trop, ou plus trop, déjà largement imbibé. Jae-yeol termina sa canette de bière avant de la plier dans son poing et de la poser à côté du cadavre de l'autre pour finir par se coucher sur le dos, au sol, les bras écartés et les yeux fermés pour se griser un peu plus; la question de Yuzu vint comme un étrange cheveu sur la soupe et il y répondit pourtant le plus simplement du monde:

"Non, jamais", il rota, "et quand je bosse, les mecs préfèrent avoir le dessus sur moi."

Le jeune homme ne dit rien de plus, sachant pertinemment qu'en dévoiler plus ne ferait que mettre Yuzu mal à l'aise.

"Hé Yuzu-kun...", commença lentement Jae-yeol avant de lâcher une caisse monumentale, "tu la sens, celle là?"

Le coréen s'esclaffa grassement en essayant à nouveau de détourner la conversation mais son ami eut une nouvelle maladresse qui cette fois-ci le rendit blanc comme un linge de l'image mentale que la discussion distilla dans son esprit. Il aurait aimé être une de ces femmes qui avaient pu coucher avec Yuzu, et la jalousie étreint son visage avec une certaine brutalité, le laissant silencieux et pâle. Le coréen n'eut soudainement plus vraiment envie de rire lorsque l'alcool l'aida - chose bien ironique - à se rendre compte qu'il était de plus en plus attiré par le yakuza qui lui ne s'intéresserait jamais plus à lui que comme étant une sorte de petit frère. Il aurait aimé réfléchir, mais rien ne vint; il aurait aimé répliquer, rire et faire le con, mais rien ne sorti de sa bouche tant il se sentait triste. Mais il n'en montra rien.

Au lieu de cela, le bosozoku se releva péniblement et se fendit d'un sourire de composition; il fallait se comporter en homme et ne rien ressentir, tout assumer. Il fixa Yuzu toujours assis, lui debout avec sa canette écrasée dans une main, l'équilibre précaire.

"Meh, meh, meh."

Il cherchait ses mots, à moitié ivre, tanguant comme un bateau en avarie.

"Yuzu-kun, j'voudrai essayer avec une femme, j'crois", il manqua de se payer la able basse et se massa l''arrête du nez, "mais j'sais pas quoi foutre avec une radasse.... montre-moi, steuplé. Je connais une fille qui est le meilleur coup d'Okuse, sans rire. Elle a des nichons énooooormes, j'te promet. Vraiment. J'la connais du boulot... elle paye pas d'mine mais.. euh....", il rota un instant avant de reprendre, "j'l'ai vu à l'oeuvre, c'est une... euh...", il ouvrit grand les yeux et se pencha sur Yuzu, dépliant les bras devant lui comme s'il écrivait un titre dans l'air, "c'est la déesse du sexe, frangin!"

Il tituba encore, l'air sérieux comme s'il demandait un grand service à son meilleur pote. C'était débile et il le savait bien mais bon...
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Ôta Yuzu
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MessageSujet: Re: Il faut savoir ignorer.   Mer 19 Aoû - 21:22


Un truc pas rond.
Music ♪


« Non, jamais et quand je bosse, les mecs préfèrent avoir le dessus sur moi. »

Cette réponse n'était pas vraiment au goût de Yuzu qui s'empressa de boire sa coupelle et d'y verser à nouveau du sake. En même temps, à quoi s'attendait-il ? Peu importe la réponse, aucune ne lui aurait convenu. Cette conversation l'enfonçait dans un mal-être profond - pour lui mais pour Yoru aussi. Pourtant il restait sobre et ne détailla rien de plus. Le Yakuza rit de bon cœur lorsque son ami pétarada, le sommant d'un « Gros dégueulasse, abîme pas mon canapé ! ».
Et il but encore, et encore, variant avec une bière, descendant une bonne partie du sake à lui tout seul. Il se leva d'un coup sec et revint du frigo avec un pack de bières fraîches qu'il commença à entamer. Parfois, l'être humain est bête, et lorsqu'il n'est déjà pas très intelligent, c'est bien pire. Yuzu se saoulait pour se saouler désormais, cherchant à fuir ses pensées par de l'alcool - qui sait, peut être que cela l'aiderait à trouver les bons mots.

Il sursauta presque lorsque le coréen se releva, visiblement déjà bien éméché. Il balbutiait des mots incompréhensibles, si bien que le Yakuza leva un sourcil et somma :

« Beh quoi ? T'es déjà bourré ? » Il sourit. « P'tit... P'tit joueur ! »

Yuzu lui n'est pas encore aussi ivre, mais plus très loin. Ses mots avaient plus de mal à sortir dans l'ordre et son esprit se brouillait : enfin la sensation qu'il aimait. Il ne pouvait plus penser avant de parler, fini les réflexions, il était désormais en total roue libre. Tout de même encore conscient de ce qu'il pouvait dire ou faire, il se resservit une coupelle de sake en priant pour que bientôt, plus rien de perturbant ne puisse venir à son esprit.
Il s'assit à même le sol, les fesses par terre et les jambes légèrement écartées, continuant sa descente d'alcool en écoutant Jae-yeol déblatérer une proposition... alléchante ? Bizarre ? Yuzu laissa transparaître un air sceptique tandis qu'il posait délicatement sa coupelle sur la table.

« Des gros nichons, hein... » murmura-t-il en regardant sa coupelle vide avec un sourire. Il devint soudain plus suspicieux. « Attends... » Il releva la tête et fixa son ami dans les yeux. « Tu me proposes un plan à trois, là ?... »

Son esprit lent commençait à percuter : seins, fesses, déesse du sexe... Yoru. Il y avait comme un intrus. Restait à débattre lequel : une bien trop vague question pour son esprit totalement confus. Il ne cherchait même plus ses mots : ils venaient tous seuls.

« EEEEEEEEH ? » lâcha-t-il en tapant du poing sur la table, visiblement agacé.

Yuzu se releva d'un coup sec et se planta devant son ami, le surplombant de ses quelques centimètres en plus. Il était presque collé à lui, son visage proche du sien et l'air menaçant. Dans son ivresse, Jae-yeol avait oublié une chose : le Yakuza le connaissait très bien, même s'il était bête.

« Tu veux que j'te baise ?... T'es même pas sûr de vouloir coucher avec cette conne. » Il rapprocha encore sa tête de la sienne, sans le quitter du regard. Leurs nez se frôlaient presque. « Je baise pas un mec si y'a une meuf. L'un ou l'autre. »

Réalisant ce qu'il venait de dire, il se redressa d'un coup et poussa le coréen d'un coup d'épaule pour se laisser tomber dans le pouf, laissant tomber ses magazines pornographiques d'un coup de jambe maladroit.

« NI L'UN NI L'AUTRE. » hurla-t-il. Il se gratta l’arrière du crâne en fixant le plafond, puis murmura : « Tu fais chier, putain. » Puis il se recroquevilla sur lui même, la tête entre ses mains. « Depuis, hier, putain !... » Il laissa une pause. « Putain je... J'ai bandé en te voyant. Et là tu me proposes un plan chelou. » Il se redressa et lâcha tout son corps, laissant tomber ses bras le long du pouf. « File-moi une bière ! » ordonna-t-il en tendant la main, sans pourtant regarder Jae-yeol.

Il n'avait pas encore décidé s'il allait voir cette fille ou pas. Après tout, il en avait peut être besoin, de ressentir un corps de femme...


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MessageSujet: Re: Il faut savoir ignorer.   Ven 21 Aoû - 8:16


Mindfuck.


Jae-yeol pouvait parfois - souvent finalement - être un véritable gros con de compétition, vulgaire, sale et stupide, qui n'en faisait qu'à sa tête et n'avait aucune manière; et il riait en lâchant ses caisses, content comme un enfant de trois ans qui apprend comment incommoder un adulte. Yuzu se plaint de ses extraction mais le yankee savait bien qu'il n'était pas vraiment sérieux dans ses réprimandes et même s'il l'était, il s'en serait foutu. Son aîné revint du frigo avec un pack de bières fraîches lorsque le coréen parti en psychose presque tout seul, pris dans l'alcool et sa propre frustration : le mélange de sucre et de boissons énergisantes qu'il avait consommé avant de venir faisait voyager l'alcool trois fois plus vite dans son sang et il était déjà ivre avec deux bières et deux verres de sake, titubant d'un pied à l'autre tandis qu'il s'enlisait dans de pitoyables propositions indécentes, se cachant derrière des promesses vides de féminité vulgaire qui ne lui procurerait rien du tout, de son côté.

L'air septique du yakuza commença à distiller un souffle de panique dans l'esprit embrumé de Jae-yeol qui s'énervait tout seul, petit à petit. Il trépignait sur place, le visage très pâles, ses pupilles étrécies à tel point qu'il n'en restait que deux têtes d'épingles dans ses grands yeux exorbités. Ses phalanges craquèrent en un bruit sinistres alors que ses bras tremblaient, muscles douloureusement tendus comme des arcs, agités de spasmes nerveux. Il balbutiait des mots incompréhensibles même pour lui, oubliant la moitié de ce qu'il venait de dire dès qu'il l'eut prononcé. Yuzu réalisa bien mieux que lui ce qui se jouait, même avec un temps de retard et le reste alla très vite; il fut bientôt devant lui, le toisant avec un air menaçant, le souffle alcoolisé fouettant le visage du coréen qui perdait rapidement pied dans une sombre colère.

Leurs regards se toisèrent sans se répondre, celui de Jae-yeol glissant vers l’abîme de l’incompréhension et de la fureur en quelques secondes. Il savait qui était en face de lui, mais cela ne fit que le rendre plus confus encore, les yeux roulant dans ses orbites comme ceux d'une cheval fou. Il ne comprit que la moitié des dires de son ami, bloqué sur le début de sa colère, lui faisant face sans même ciller, même lorsque leurs nez se touchèrent.

"C'toi qui débloque, putain!", hurla à son tour le jeune homme, mentant éhontément, "jamais je f'rai ça avec toi! C'est quoi ton délire? C'toi qui veux baiser avec moi et tu m'retournes ton trip à la gueule?"

Jamais, surement. Parce que Yuzu était un frère pour lui, un refuge, un terrain sûr qu'il ne voulait pas perdre; un homme qu'il respectait plus que tout et ce respect dépassait en qualité l'attirance qu’il avait pour lui, l'amour qu'il développait petit à petit pour le yakuza. Jamais, jamais cela ne se ferait et il le savait bien : Yuzu n'aimait pas les hommes et jamais il ne serait une femme. Comme il les détestait en cet instant, ces femmes qui avaient les faveurs de cet homme qui représentait tant pour lui; et pourtant, ce fut une femme qu'il défendit, tout d'un coup:

"Par contre tu la traites pas d'conne", dit-il sur un ton froid qu'il n'avait jamais employé face à Yuzu, montrant qu'ils avait être loyal, "c'est la seule qui m'a donné un toit et à manger quand j'dormais sous les ponts, et putain j'la respecte et j'te défoncerai si tu dis quoi que ce soit sur elle... Aniki ou pas."

Son ton était sérieux, plus calme qu'il n'aurait voulu l'être. Partir en vrille aurait été simple mais le coréen était un ami loyal pour ceux qui lui venait en aide et sa détermination était sincère : il aimait profondément Yuzu mais n'hésiterait pas à se battre contre lui s'il insultait cette fille qui s'était montré bonne et attentionnée avec lui, quand il n'avait nul part où aller.

"C'est toi qui fais chier!", il se jeta finalement sur Yuzu et le saisit par le marcel, le relevant brusquement pour le coller contre le mur le plus proche, le toisant sans ciller. Aniki ou pas...

"Qu'est-ce que ça peut foutre, que t'soies tapé une trique?", il le fixa avec un air possédé, les dents serrées, "un vrai mec n'a qu'à assumer! T'es un vrai mec! Tu vas pas laisser ces conneries te bouffer et tu vas juste te marrer et t'en foutre! Parce qu't'es un vrai mec, pas vrai?"

Le coréen resserra sa prise sur le débardeur de son ami; il avait beaucoup plus de force que son corps maigre le laissait sous entendre, pris dans la colère.

"Et j'suis pas ta pute, tu m'ordonnes rien du tout."

Il le lâcha finalement, les mains douloureuses, essayant de se calmer. L'alcool n'aidait pas et il se prit la table basse en faisant volte-face, le coin dans le genou, jurant en coréen en posant ses deux mains sur sa jambe, s'asseyant en urgence sur son arrière-train.

"Merde quoi, on est des mecs. On a pas à s'prendre la tête... on picole et on est bourrés, c'est tout. Ou alors si tu veux on sort et on règle ça comme des mecs, à coups d'lattes dans la tronche."
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Ôta Yuzu
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MessageSujet: Re: Il faut savoir ignorer.   Ven 21 Aoû - 20:44

Les paroles de Jae-yeol avaient l'effet d'un venin puissant sur Yuzu. Son « Jamais je f'rai ça avec toi ! » raisonnait et se cognait d'un coin à l'autre de sa tête vide. Comme un coup de poing derrière la nuque ; cette simple réplique le rendit triste, sans qu'il n'en saisisse la raison. Non, plus maintenant : même imbibé de sake, il n'était pas assez bête pour ne pas le comprendre. Il se contenta alors de lever un sourcil, ses lèvres se tirant vers le bas : sa tension redescendait.
Agacé, il leva les deux bras et les mains plates en signe d'acceptation lorsque Yoru s'énerva au propos de sa « déesse du sexe ».

« C'est bon, j'm'excuse pour elle. » marmonna-t-il en levant les yeux au plafond.

Bien qu'il fut ivre, il était encore captable de discerner lorsque Yoru était sérieux. Il ne pouvait que s'incliner devant autant de loyauté ; au fond, trempant dans l'alcool ingéré, traînait encore quelques traces de valeurs d'un Yakuza dépassé par les évènements.
Ce moment de calme n'allait malheureusement pas durer : Jae-yeol fonça sur lui en l'attrapant par le col. Naturellement, le regard de Yuzu se fit plus sévère ; pourtant, il ne fit rien pouvait blesser physiquement le coréen. Une once d'affection pour lui était encore là, quelque part ; il n'avait que trop bien conscience de sa force et si Yoru n'était pas tendre, lui encore moins. Pourtant, les mots que le coréen lui lança à la figure eurent bien plus d'effet que ce qu'il n'aurait pu imaginer : Yuzu serra des poings, prêt à frapper, de manière si intense que ses bras se mirent à trembler. Il avait bien cru se perdre et le battre à mort lorsque finalement ce dernier le lâcha et se tourna. Le Yakuza faisait preuve d'un étonnant calme malgré tout ce qu'il avait encaissé ; ses dents grincèrent dans un instant de protestation, mais toute la rage qu'il contenait n'explosa pas. Il fallait dire qu'il lui fallait bien du temps avant que tout puisse monter au cerveau.
Il ne réagit à rien, ignorant soudainement Jae-yeol. Sans un mot, il se dirigea vers la table basse et attrapa la bière désirée, la descendant d'un coup sec. Il resta ainsi un moment sans rien dire, fixe, le regard perdu dans le vague et fixant le sol.

De longues secondes s'écoulèrent.
Il but une nouvelle bière, plus lentement cette fois, sans rien dire. Ses yeux devenaient vitreux. Il prenait son temps pour boire, tout à fait calmé, jetant des regards ci et là sans jamais que Jae-yeol ne rentre dans son champ de vision. Son attitude était totalement déprimée et extrêmement froide, sans pitié.
Ses sourcils froncés, il bougea finalement les lèvres pour prononcer dans un demi-souffle :

« Y'a des choses qu'un homme 'peut pas assumer, même s'il le veut.» Il soupira. « C'pas la tr-trique le problème, t-t'as toujours pas capté ? »

Il hoqueta. Son ton avait celui d'un homme alcoolisé ; un peu triste et vacillant, incapable d'aligner une phrase sans se reprendre sur un mot.
C'était dur à accepter. C'était comme renier ses valeurs. Il soupira et se frotta le front de la main droite. Son regard semblait troublé : Yuzu était passé de l'ivrogne violent à celui plaintif. Il se laissa soudainement tomber au sol dans un bruit assourdissant et tapa des poings sur la table.

« T'sais c'que c'est, nan ? T'es un pédé, t-tu sais forcément. Ce sentiment qu'tout va s-s'écrouler. Que tout c'que t'as construit, l'peu qu't'as fais, p-puisse s'envoler. J'suis un dur, c'vrai, mais les gens autour d'moi l'sont encore plus. Si j'dis que j'aimerais me taper un mec, même si j'baise des femmes à côté, t'crois qu'il va s'passer quoi ? »

Il tapa du poing sur la table une nouvelle fois et se servit une coupelle de sake.

« Quelle merde ! » Il but cul sec son alcool. « T'veux que je ri...rigole parce que j'ai eu la trique ? Que j'assume ? Auprès d'toi, p't'être, mais t'crois qu'mon suré... supé... supérieur ! Va juste m'taper l'dos et s'marrer en m'disant "cool pour toi copain" ? P'tain. Y'a des choses qu'j'peux pas assumer s-si j'veux pas sombrer. »

Son ton devint plus plaintif ; il fixa le coréen dans les yeux et semblait prêt à pleurer, comme cette caricature des vieux ivrognes dans les mangas qu'il lisait.

« J'ai j'mais voulu accé... accepter que j'pouvais bander sur un aut' mec. Je... J'veux pas croire que j'puisse m'taper un cul et une queue. Non pas qu'ça puisse pas êt' viril. Mais p'tain, t'es comme moi toi : on a jamais eu not' place dans la société. Avec les Yama... guchi... gumi ! Je... J'ai ma place. La perdre parce que j'peux triquer en t'voyant ? J'peux pas. »

Il renifla violemment en regardant le fond de sa coupelle vide. Il la balança finalement, tendant et posant ses bras sur la table en enfouissant sa tête entre, cachant son visage. La coupelle roula un moment avec de se stabiliser dans un bruit pénible et incessant, s'arrêtant finalement, immobile et à l'envers.

« T'sais pourquoi t'es pas ma pute ? Parce que les putes, j'les baise par tous les trous sans me poser de question en les frappant avec des p'tains d'bi... bill... biffetons. T'as raison, on a pas à se prendre la tête, et même pas à s'fout' sur le tronche, en fait. »

Il tourna la tête sur le côté. Il répondit finalement aux derniers mots de Jae-yeol :

« J'veux pas t'frapper. J'veux t'baiser. » lâcha-t-il sans lui accorder un regard.


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MessageSujet: Re: Il faut savoir ignorer.   Ven 21 Aoû - 22:43

Jae-yeol sembla se calmer lorsque Yuzu lui présenta des excuses mais il était paradoxalement trop ivre pour se rendre compte que lui-même avait un comportement sans-queue-ni-tête. Il le lâcha finalement pour se heurter providentiellement au coin de la table basse, s'asseyant d'un mouvement au sol pour se frotter le genou tandis que le yakuza retournait calmement - en apparence - vers une nouvelle bière. Le coréen préféra éviter son regard, comme un enfant mis au pied du mur; il culpabilisait déjà mais refuserait de l'avouer. Cependant lorsque son aîné lui dit qu'il n'avait rien compris, le bosozoku détourna le regard de son nombril et de sa petite personne pour écouter son pote, la bouche soudainement sèche, le fixant se laisser tomber au sol. Il sursauta un peu, tendu comme un arc mal ajusté, les nerfs à vif.

Ce sentiment que tout allait s'écrouler... oui, il le connaissait ou tout du moins pensait le connaitre. Cette sensation que les choses nous filent entre les doigts, que tout part en sucette, que plus rien ne va dans le bon sens. Être un dur, être un homme malgré tout et subir la dépréciation des autres à cause de ses goûts... oui, il était homosexuel et connaissait ça, lui qui avait été jeté dehors de la maison sans ménagement pour cette raison.

"J'sais pas", dit très sincèrement le coréen, "mais p'tain, bande de connards... pourquoi vous pensez tous qu'un mec qui aime les mecs perd sa masculinité? Pourquoi z'avez tous peur d'plus être de "vrais" mecs?"

C'était une vraie question, tinté de colère sourde; bien sûr, ce que disait le yakuza ne tombait pas dans l'oreille d'un sourd mais dans celle d'un type ivre à en avoir la nausée. Il n'avait pas l'air bien viril, bien sûr, avec ses marottes vestimentaires mais Jae-yeol se sentait homme sans l'ombre d'un doute, sans avoir jamais pensé manquer de masculinité. Soudain il n'eut plus soif du tout et laissa Yuzu s'enivrer seule, lui tournant le dos en s'asseyant en tailleur sur le sol, les mains sur les cuisses avec un air perturbé. Ce que lui disait son ami était trop dur à saisir pour son pauvre esprit lent et embrumé. Le ton de Yuzu devint plus plaintif et entendre cela piqua le coréen profondément; il n'avait jamais vu son pote ainsi et cela gonflait son cœur d'une rancœur particulière, qui n'était autre que de l'amour. Rien à voir avec ces bons sentiments entre "frères"; ce n'était rien que de l'amour et de l'empathie. C'était plus, c'était moins que de l'amitié : c'était autre chose, une chose effrayante et chaleureuse à la fois.

"Nan, la société veut pas d'nous et c'est comme ça", maugréa le coréen, "c'pour ça qu'on doit être libre et faire c'qui nous plait. La vie c'est court, cette merde..."

Il tourna simplement la tête vers son ami, l'entendant renifler et voyant la coupelle faire un vol plané. Le jeune homme écouta son bruit tenace jusqu'à ce qu'il cesse, écoutant Yuzu sans rien dire; tout cela avait refroidi sa colère qui trônait à présent sur des cendres sèches et froides, incapables de faire repartir un feu. Il ne restait en lui qu’une tristesse ordinaire, pathétique et terriblement banale. Non, il n'était pas sa pute, en effet. Il était le mec de tout le monde pour quelques centaines de yens, mais ne serait jamais celui de Yuzu, il le savait : Yuzu le respectait. C'était le seul qui l'estimait et le considérait. Lui non plus ne voulait pas perdre ce qui lui était précieux, mais il ne put l'expliquer clairement, au contraire de son aîné qui fut plutôt... prolixe et honnête. Lui-même haussa les épaules, un peu vaguement, pour signifier au yakuza qu'en effet, ils s'étaient échauffé pour rien. Mais c'était compliqué, encore plus avec l'alcool comme joueur dans cette partie tordue.

Le reste du discours de Yuzu lui fit l'effet d'un fer à repassé sur les doigts et le coréen pâlit affreusement en quelques secondes, figé sur place. Yuzu, le baiser? Le terme le révulsa dans l'instant, la mâchoire crispée. Comme les autres, c'était ce terme qui gagnait haut la main dès que les choses le concernaient. Être baisé... on ne lui faisait jamais l'amour, on ne l'aimait pas. On l'utilisait simplement. Le coréen eut un air fatigué, le regard soudain affreusement cerné, les épaules basses. Il avait envie de pleurer mais ne dit rien, se comportant comme un "vrai homme", comme il se l'imaginait; imagerie naïve de la masculinité. Il ne pleurerait pas.

"Tu peux le faire si tu veux... c'est bon si c'est toi."

Toi, tu peux, pensa-t-il finalement. Mais il en avait marre. Il était amoureux et tout ce qu'il récoltait, c'était la boucle infini de sa propre bêtise, ses propres erreurs; être baisé, encore et toujours, même par son meilleur ami et l'homme qu'il apprenait à aimer chaque jour un peu plus. Le délinquant n'eut qu'un pauvre sourire en se levant lentement, main sur le bas du dos pour se faire craquer les lombaires dans un geste désinvolte mais nonchalant.

"Pardon, Yuzu-kun", dit-il simplement avec un air d’excuse en se composant un nouveau sourire, se tenant loin de son ami, "je sais pas si j'y arriverai... mais j'peux essayer. Je dirai rien à personne... t'fous pas la pression, aniki."

C'était une promesse. Chacun était ivres et personne ne ferait chier son ami et demain, ce serait un simple souvenir nimbé des restes de l'alcool de la veille. Le coréen secoua la tête d'un mouvement qui mimait la négation, le regard las. Sa gorge était sèche et ses doigts le picotaient terriblement, le corps agité de mouvements nerveux.

"J't'aime, aniki", dit-il en un souffle, essayant de réunir les restes de son courage qui foutait sans cesse le camp, "depuis la première fois où j'tai vu. Alors j'crois que j'peux pas baiser avec toi. Tu piges?"

Demain, ils auraient tout oublié et ce n'était plus vraiment si important que ça, dans le fond alors autant cracher le morceau; le sake et la bière donnaient le courage qui manquait à cette entreprise vide de sens mais qui avait le mérite de lui vider le cœur et les tripes. Il tremblait toujours, sans pleurer, tenant bon la barre et gardant sa fierté horripilante malgré ses traits tirés.

"J'veux pas que tu sois mal, j'veux qu'tu fasses c'que tu veux et... en même temps... j'sais pas. Faut pas faire un truc que tu pourrais regretter... si tu veux... peut-être que faut pas l'faire... ça va me faire mal... pas au cul, là..."

Il posa connement la main sur son torse, si ivre qu'il se trompa sur le côté du cœur, l'air stupidement gêné de sa déclaration digne d'une pauvre collégienne inexpérimentée.
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Ôta Yuzu
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MessageSujet: Re: Il faut savoir ignorer.   Sam 22 Aoû - 13:09

Il l'avait dit.
Il s'était lâché, il s'était avoué ; et enfin, depuis si longtemps, il ressentait un bien être profond. Peu importe la suite ; joie, rejet, n'importe quoi : il avait enfin eu les tripes de l'avouer, même si c'était grandement aidé par la quantité astronomique d'alcool ingéré. Yuzu gardait une certaine honte de son aveux ; incapable de regarder Jae-yeol dans les yeux, le visage enfouis dans ses bras, la banane écrasée sur la table. Ce soulagement était éphémère, mais il faisait du bien.
Lorsque Yoru prit la parole, l'ivrogne qu'il était devenu réalisa quelque chose : il n'était pas seul. Sa déclaration salace, quand bien même elle le soulageait, avait certainement un impact sur son ami. Il n'avait pas une seule seconde considéré l'aspect potentiellement négatif de la chose : ce n'était pas comme s'il pouvait réfléchir dans son état actuel, de toute façon.

Il releva la tête lorsque Jae-yeol se mit debout. La première réaction du Yakuza, totalement décalé, était une sorte d'admiration à voir comment malgré l'ivresse, le coréen arrivait à s'exprimer plus ou moins clairement. Yuzu se redressa légèrement, s'appuyant sur ses coudes, et mit son dos droit, observant en silence cet Otôto auquel il tenait tant. Il sourit bêtement :

« Ça faisait un moment qu'tu n'm'avais pas appelé Aniki... » marmonna-t-il en attrapant une bière.

Totalement serein en cet instant, il se rappelait avec une certaine nostalgie sa rencontre avec l'énergumène qui lui avait ramené un si bon sake. Il remarqua que jusqu'à la veille, aucune pensée salace ne l'avait jamais réellement effleuré à son sujet. Il se demandait pourquoi maintenant, pourquoi ainsi ; et finalement, ses songes se stoppèrent d'un coup net suite à la déclaration d'amour de Jae-yeol.
Son expression se figea dans la surprise, ses yeux fixèrent le coréen tandis que sa bouche demeurait à demi-ouverte. Le Yakuza réalisait qu'il avait dit « baiser ». Sobre, ce n'aurait pas été le terme employé. Cependant, dans un état de sobriété, il n'aurait simplement jamais rien avoué. Il ne pouvait pas regretter ses dires.
Arborant soudainement un air grave, Yuzu fixa sa bière close un instant, la posa et se releva, manquant de tituber. Il était clairement sérieux, malgré son attitude alcoolisée.

« Otôto... Y'a un truc plus imp'rtant qu'ma bite... » Il s'approcha et ferma son poing ; il tapa doucement Jae-yeol sur son cœur, le frôlant à peine. « C'toi. »

Il sourit niaisement.
Il tapota alors la tête de Jae-yeol de manière machinale, avant d'avouer :

« J'peux pas t'parler d'amour... Encor' moins dans c't'état... » Il faisait preuve d'une lucidité déconcertante. « J'sais pas... C'trop tôt pour que j'sache... Mais amour ou pas... Pour toi j'ferai n'import' quoi. Même... Ne pas baiser. Eh. » Il haussa les épaules. « J'f'rai rien qui puisse t'blesser plus, Otôto... S'tu veux... Genre vraiment, au fond d'toi, t'sens capable, alors on b... on couche. Adv'enne qu'pourra ! »

Il rit bêtement et se retourna, attrapant le verre de Jae-yeol.
Yuzu prenait très bien cette déclaration ; son état imbibé l'aidait à appréhender, mais même sans cela, il avait déjà fait face à diverses situations similaires avec des femmes. Il n'était pas du genre à rejeter à coup de poings ou se la jouer tombeur : lorsqu'il s'avait les sentiments sincères, le Yakuza était respectueux. Qui plus est, il s'agissait de son ami, son protégé : il avait compris malgré l'alcool à quel point, pendant ces deux ans, tout cela avait dû être dur pour lui. Yuzu ne faisait qu'éprouver de la compassion pour un être cher.
Il versa un fond de sake dans le verre et le tendit au coréen.

« T'en as plus besoin qu'moi. »

Il attrapa alors sa bière et l'ouvrit, la tendant vers le coréen.

« Santé à not' connerie ! »

Sur ces paroles, il attrapa son ami par l'épaule et descendit sa bière, comme deux potes buvant tout leur saoul bras dessus dessous. L'objectif véritable de cette soirée devenue étrange, en réalité.
Le dernier rayon de soleil était en train de disparaître. La pièce devenait plus sombre, et l'atmosphère étrange de la lumière orangée semblait enfin se dissiper.


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MessageSujet: Re: Il faut savoir ignorer.   Jeu 27 Aoû - 13:02

Il faut savoir ignorer.
Jae-yeol
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Yuzu


 

 



 

 

« Hey Mr. Wonderful, you're so incredible ! Hey Mr. Wonderful, wonderful to me ! Hold me, I wanna feel your arms around me. Kiss me, cause only you can make me happy ! Oh, Mr. Wonderful are you for real? Oh, you're so incredible ! Hey Mr. Wonderful, you're so irresistible ! A miracle to me ! »

Les choses ne tournaient pas vraiment rond ce soir, ni même en sa faveur. C'était tout du moins l'avis de Jae-yeol qui était si ivre qu'il peinait à se rappeler s'il était droitier ou gaucher. Il était simplement debout comme un poireau, mal à l'aise en regardant son ami avachi sur la table, le visage caché entre ses bras. Le coréen arrivait à s'exprimer clairement par une opération quasi mystique dont lui-même ne connaissait pas la teneur si ce n'était l'intensité de ce qu'il ressentait à ce moment-même, et la complexité des sentiments qu'il avait pour son aîné, entre admirations ans forme et émotion amoureux presque indésirable. Le jeune homme ne trouva rien à redire lorsque Yuzu s'amusa qu'il l'appelle à nouveau Aniki et il se gratta l'arrière du crâne avec un air un peu stupide malgré la tension palpable dans l'air; ou à cause d'elle, justement.

Le reste glissa hors de lui comme une souffrance trop longtemps retenue, comme un aveu sincère et direct, celui qu'il devait à son ami. Depuis le premier jour, celui où il avait mit le bordel dans le salon de Yuzu, le coréen avait eu ce coup de foudre qui n'avait rien d'amical. Il avait senti sa tête se remplir de conneries, son estomac de douleurs, son cœur de choses spéciales. Jae-yeol n'avait pas cherché plus loin : les jérémiades lui semblait pour les femmes. "Je ne suis pas une tantouze", devaient se dire les deux hommes, chacun à leur manière angoissés par leur virilité. Il avait appris à connaitre le yakuza, le respecter, lui et sa force, sa droiture; chaque jour passé à ses côtés le rendait plus grand, plus fort aux yeux du coréen, comme un grand frère spirituel fantasmé, un véritable ami qui ne se cherchait pas des prétextes fallacieux pour l'abandonner comme les autres l'avaient fait. Son meilleur ami; son seul vrai ami. Un ami qu'il aimait de manière multiple, mais à chaque fois du plus profond de son cœur.

Lorsque Yuzu posa sa bière sur la table et se releva, la respiration du jeune home se bloqua. Sous ces mots approximatifs -un peu comme les siens, en pire - il y avait leur amitié. Sentir le poing de son aîné heurter fraternellement et virilement sa poitrine le gonfla de reconnaissance, exprimé dans son regard qui ne savait plus vraiment quoi exprimer, tout d'un coup, à par cette pure admiration qu'il avait pour le yakuza, totalement énamouré. Yuzu lui tapota la tête en souriant niaisement et le délinquant ne sut trop quoi faire ou dire; il se contenta de sourire comme un abruti, presque en une grimace. Sous le léopard de sa chemise, son cœur partait dans tous les sens: celui de l'amour, celui de l'amitié mais tous convergeaient vers un seul chemin, celui qui menait à Yuzu.

"Haha, les yakuza tombent pas n'amoureux", dit Jae-yeol en riant mais sur un ton sérieux.

Non, ces gens-là ne tombent pas amoureux, ils prennent les femmes pour relâcher leur tension, pour asseoir leur masculinité. Parfois, ils prennent les paumés comme lui, alors ils avait bien : un yakuza ne tombe pas amoureux. L'amour c'est pour les fillettes comme lui, les travestis imberbes qui s'habillent en femme pour passer le temps; tantouze, pensaient les gens ne le regardant. Jae-yeol se montrait odieux, vulgaire et brutal pour compenser ce qu'il pensait être un manque de virilité. Pourquoi tous les hommes craignent-ils pour leur masculinité? Il n'aurait pas du puisque dans les yeux de son ami, même rendu vitreux par l'alcool, il pouvait se voir comme un homme comme les autres. Un mec, un type, un gars. Yuzu ne l'avait jamais considéré comme une lopette, comme une "folle". Il le comprenait, à présent. Il n'était qu'un type parmi les autres, la perruque et l'eye liner en plus.

"Yuzu.. euh, j...", le coréen chercha ses mots, "j'pite pas tout qu'est-ce que tu m'dis mais... nmhhn... merci."

Il prit la coupelle de sale et toutes ces complications de grand garçon s'envolèrent, prit par l'épaule par son meilleur pote pour une soirée de beuverie. Envolé la colère et la peur, disparu l'envie de se battre, la crainte d'être repoussée, traité de tante. Il était dans les bras de son aniki, peu importe comment, mais il y était et c'était son terrain sûr. Cette large épaule d'homme enroulée de vagues et de fleurs. Il puait de la gueule mais il l'aimerait toujours. C'était son pote. Il n'existe pas beaucoup de ces hommes qui se osent dans votre vie comme Yuzu s'était posé dans celle de Jae-yeol. Ceux-là, malgré les différents, les attirances... ceux-là sont vos amis sincères. Et c'est à ceux qu'il faut se fier, dans cette amitié amoureuse qui malgré son ambiguïté est la plus simple du monde.

Il l'aimait, plus qu'il n'avait jamais aimé personne et si c'était vrai de dire qu'il le désirait, le coréen respectait le yakuza. Il représentait un futur qu'il aurait aimé incarner un jour, lui le paumé. Être tatoué comme lui; être quelqu'un, comme Yuzu. Il l’aimait, l'aimait de bien des manières c'était clair à présent dans son esprit alourdi par l'alcool; il avait tant besoin de lui mais ne comptait pas le lui dire. Les hommes ne parlent pas de leurs sentiments. Et, bras dessus bras dessous, les deux amis se saoulèrent sans soif, sans motif spécial jusqu'à ce que le soleil ait complètement disparu du ciel pour laisser la place à sa sœur la lune. Le coréen s'était assoupi quelques minutes la tête contre la cuisse de Yuzu, au calme. Lorsqu'il rouvrit les yeux, mu par une impulsion - c'était peut-être la seule fois où il aurait le courage de le faire - le délinquant se redressa, les mains sur le sol et siffla son pote pour attirer son attention; il lui vola un baiser sans rien dire, sans chercher plus loin. Les lèvres de son aîné étaient rèches et avait le goût de la bière et de la sueur.

"Tu pues d'la gueule aniki", dit-il en souriant jusqu'aux oreilles une fois qu'il s'était éloigné de Yuzu avant de s’asseoir mieux sur son derrière en grattant le dos d'un air stupide.

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Ôta Yuzu
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MessageSujet: Re: Il faut savoir ignorer.   Jeu 27 Aoû - 19:25

Yuzu était, dans une lucidité vacillante, assez étonné de voir le nombre de mots qu'ils arrivaient encore à aligner avec Jae-yeol. Les dire n'était cependant pas les comprendre, et c'était là la véritable difficulté de cette conversation. Le plus simple était encore de boire davantage : ce que le Yakuza fit sans se poser de questions en attrapant son ami par l'épaule. Il n'avait aucune idée d'où tout cela allait les mener. Il était passé de la colère aux aveux, et maintenant, il était joyeux ; un dangereux état pour les fesses des autres cependant, et Nene pourrait facilement en attester. Yuzu devenait facilement salace sous l'influence de l'alcool, et il était difficile de toujours se contenir. Cette explosion d'émotions et de sentiments le mettait dans un état d'ivresse particulier, pas forcément agréable mais tout de même appréciable ; planant, et rassurant : aucun besoin de ressentir une quelconque culpabilité.

Très vite le soleil se fit la malle et le jeune homme n'était plus capable de compter le nombre de coupelles et de bières qu'il avait vidé. Il songea en souriant qu'au moins, il n'avait pas bu des verres remplis de sake. Dans le cas contraire, il dormirait sûrement à l'heure qu'il est. Il avait machinalement appuyé sur l'interrupteur pour allumer la lumière avant de se remettre debout exactement au même endroit qu'avant, en prenant bien garde de bien positionner son pied là où il fallait. Il lâcha un rot, s'excusa, et rigola. Yuzu allait dire quelque chose, mais lorsqu'il remarqua que le coréen s'était assoupi, il se retint en claquant sa bouche dans un bruit sec. Il finit sa bière et la posa sur la table. Lorsqu'il était ivre, le Yakuza ne perdait pas de vue les gens qui l'entouraient, ce qui était déjà une qualité en soi. Conscient d'autrui, il gardait cette bienveillance qu'il tentait de dissimuler pour ne pas paraître niais ou trop gentil. Garder son autorité n'avait rien de facile dans son milieu : ce qui marchait, c'était la peur et la force brute.
Pourtant, ce mec là, dont la tête reposait sur sa cuisse, il n'avait pas spécialement envie de lui hurler dessus ou de le tabasser pour montrer qu'il était un mec. Il n'en avait pas besoin, en même temps. En y repensant, c'était en lui tapant dessus qu'il s'était positionné au dessus de lui. Finalement, tout n'était qu'une question de puissance ?

Retenant un rôt en mettant son poing devant sa bouche, il fixait Jae-yeol en se posant de bien trop nombreuses questions auxquelles il n'arrivait pas à répondre avec son esprit embrouillé. Il repensait à ce qu'il avait dit quelques temps plus tôt, et en venait à se demander pourquoi il voulait coucher avec lui au final. Même pour un mec, il n'était pas beau. Surtout avec cette perruque. Le Yakuza lui caressa machinalement les cheveux, passant ses doigts sur les mèches devant son front avec une certaine fascination. C'était des vrais cheveux, après tout, et c'était tout doux. Sans cette perruque, Jae-yeol avait un quelque chose en plus... Yuzu se mit à rougir et glousser sans raison. Il n'arrivait plus vraiment à se contenir ou faire des choses cohérentes, son corps réagissant directement par rapport à ses pensées. Il aimait bien toutes les petites cicatrices présentes sur le corps du garçon. Il avait envie de lui envie de lui enlever sa chemise aux motifs extravagants pour les revoir.
Il ricana et bailla, quand finalement le coréen se redressa. Il n'avait pas dormi tant que ça, au final. Yuzu lui sourit simplement, d'un air complice. Il n'allait cependant pas lui faire la leçon ; vu tout l'alcool ingéré, il n'y avait pas de quoi se moquer. Il aurait voulu dire quelque chose, mais rien ne lui vint ; alors il ricana doucement.

Jae-yeol lui arrêta tout sourire.
Le Yakuza ne s'y était pas vraiment attendu, en même temps. Un baiser volé, sans aucun mot, sans rien, si ce n'était une remarque sur son haleine. Devenu plus lent à réagir en raison de son ivresse, Yuzu resta bêtement planté là, l'air perplexe, pendant quelques secondes. Incapable de réfléchir à ses actes, il réagit instinctivement et se dirigea vers le sofa ou il appuya un genoux, sa main gauche appuyée sur la fenêtre. Aussitôt, il attrapa le menton coréen qui venait de s'asseoir, l'embrassant langoureusement en forçant le passage avec sa langue. Le genoux posé entre les jambes de Yoru, il se redressa et lâcha :

« Toi aussi, t'pues du bec. » Sa voix était agacée. « T'joues à quoi, là ? »

De manière peu agile, il approcha un peu plus son visage du sien. Son expression était on ne peut plus sérieuse, malgré ses yeux vitreux.

« R'fais le encore une fois et j'te r'tourne. Il s'ra trop tard pour m'arrêter, faudra pas v'nir pleurer. »

Sur ces paroles, il se laissa tomber en s'asseyant à côté du coréen sans dire un mot de plus, en passant sa main dans sa nuque.


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MessageSujet: Re: Il faut savoir ignorer.   Ven 4 Sep - 13:31

Il faut savoir ignorer.
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Yuzu


 

 



 

 

« Hey Mr. Wonderful, you're so incredible ! Hey Mr. Wonderful, wonderful to me ! Hold me, I wanna feel your arms around me. Kiss me, cause only you can make me happy ! Oh, Mr. Wonderful are you for real? Oh, you're so incredible ! Hey Mr. Wonderful, you're so irresistible ! A miracle to me ! »

Il avait mal au crâne en se réveillant et l'impression de n'avoir pas vraiment dessaoulé; surement avait-il dormi quelques brèves minutes, juste assez pour avoir mal à la tête. Voir Yuzu lui sourire d'un air complice allégea la conscience de Jae-yeol qui retint un vague soupir, le ventre sans dessus dessous, grognant d'être si maltraité par l'ingestion d'alcool et de sucres et le peu de nourriture qu'il avait reçu pour éponger ça. A vrai dire, le coréen était encore ivre : ce n'était pas quelques minutes d'endormissement qui vaincraient tout ce qu'il avait bu et qui lui parasitait tant l'esprit qu'il avait l'impression de faire tout et le contraire de tout à la fois, comme le fait d'embrasser son ami tout de go alors qu'il venait de dire qu'il ne devait pas l'inciter pour ne pas regretter. Trop de données rentraient en compte ce soir : le corps, le cœur, le dessous de la ceinture et cette tentation qui pour être vaincue n'a d'autres choix que de gagner et de faire céder; il l'avait embrassé comme ça, comme on se laisse guider par un geste impulsif qui révèle les vraies intentions derrière le masque de la fraternité et de l'amitié. Jae-yeol était amoureux de Yuzu, il l'avait toujours été. Il n'était qu’un homme, après tout.

Sentir son aîné répondre à son baiser creusa en lui un trouble qu'il n'aurait pas voulu subir, la matérialité d'un fantasme qu'il aurait été inavoué. Le jeune homme l'avait vu se poster devant lui, son genoux sur le bord du sofa avec cette présence lourde et masculine que Yuzu avait et qui lui plaisait tant.Se sentant tenu par le menton, il avait docilement relevé la tête rendre le baiser comme son ami le lui avait donné - pris, peu importait - sentant cette langue épaisse dans sa bouche. Pourtant ses mains ne touchèrent rien; elles étaient simplement sagement posées sur ce genou d'homme entre ses jambes. Jae-yeol sentit ses dernières résistances et forces le quitter et il ne put articuler clairement lorsque Yuzu rompit le baiser, la voix agacée que le coréen ne percuta même pas. Il avait juste l'air étonné et énamouré à la fois, montrant de lui cette facette docile qu'il n'aimait pas et n'aurait jamais voulu que Yuzu voit un jour.

L'expression du visage de son aîné, tout proche du sien, semblait grave et irritée. La menace proférée était étrange - il ne sut si c'était réellement une menace ou une invite mais puisque le sake était tiré, autant le boire : il avait bien trop bu pour se rendre pleinement compte des conséquences et se leva d'une démarche peu alerte, toujours complètement ivre, pour se positionner devant Yuzu. Il s'essuya le front du dos de la main et ouvrit simplement sa chemise pour l'enlever et la jeter en boule dans un coin.

"J’arrête pas, alors."

Sa main appuyée sur le sofa, proche de la tête de Yuzu, le mettait en équilibre précaire au dessus du yakuza quand il lui reprit un baiser, plus volontaire et moins fugace que l'ancien; tant pis pour ce qui se passerait plus tard, là il allait simplement exploser s'il ne se prêtait pas au jeu étrange qui se passait à présent, s'asseyant sur son pote pour se serrer contre lui avant de partager avec lui un moment étrange dans les vapeurs de l'alcool, incité par ce dernier.

Advienne que pourra; le moment en lui-même fut meilleur que tout.

© Gasmask





[PS : art de l’ellipse magique! ♥]
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Il faut savoir ignorer.
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